PATRIOTISME,
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Septembre 1792)
patron à tous. La convention y avait inauguré ses séances. I n soir que lasalle n’était que très-faiblement éclairée, Danton parlait à la tribune; ilétait dans l’ombre et pouvait à peine distinguer les membres de la conven-tion. Il vantait son propre amour de la patrie, sa raison , son humanité, sajustice. Mais une voix forte et puissante, semblable à celle du remords, pro-nonça lentement le mot : Septembre* !
Danton ne put surmonter le frémissement dont il fut saisi en cette cir-constance ; il ajouta avec audace, mais d’une voix altérée : « Oui, c’est dansces jours de septembre que j’ai sauvé la patrie: car l’ennemi était .à nos por-tes, Paris était menacé, et j’armai la population tout entière pour la préci-piter dans les camps. » — Excuse des massacres, telle qu’elle a été chaquefois renouvelée depuis par les partisans de Danton . Détournons nos re-gards de ces scènes, racontées par nous à notre corps défendant, et avec leplus de brièveté possible, justement parce que d’autres que nous se sontlonguement appesantis dessus.
La prise de Longwy avait doublé l’enthousiasme du peuple français . Enapprenant la reddition de Verdun , il se prépara aux plus grands sacrifices.La commune prit les mesures révolutionnaires que vous savez ; l’assembléelégislative reçut une foule d’offrandes à la patrie. Toutes les grandes villesde France envoyèrent aux députés des dons en argent et en nature, etproposèrent des défenseurs à la patrie, des compagnies franches armées àleurs frais , des piques, des bronzes pour fondre des canons , des fusils, deschevaux, des équipements complets. Les hommeset les femmes se distinguè-rent par leur générosité; les enfants des pensions et des collèges envoyèrentles produits de quêtes faites parmi eux. Les enrôlements volontaires se succé-dèrent avec plus de succès encore que par le passé. Nous allons rapporter uneanecdote, qui peint mieux que tous les discours, jusqu’où allait, chez certainsindividus , l’amour de la patrie. Un citoyen de la section des Lombards, veuf,avancé en âge, avait quatre fils, appuis de sa vieillesse.« Deux se présentent àlui, l’air triste et inquiet. Qu’avez-vous , mes enfants ? leur dit-il. — Monpère.... —Je devine ce qui vous agite, vous voulez partir pour les frontiè-res. — Cela est vrai, mon père, et ce qui nous afflige, c’est que nous vou-drions partir tous les quatre. — Quoi! pas un de vous ne veut rester au-près de moi.... Eh bien ! ne vous chagrinez pas , j’approuve votre zèle, etquelque peine que j’aie à me séparer de vous, je sens que vous avez raison ,et vous en estime davantage. »
Au moment du départ des volontaires, le vieillard se promena sur leboulevard de l’Opéra, aperçut ses fils dans les rangs des soldats, leur serrala main, leur dit adieu, et leur recommanda surtout de bien se battre.Puis le bataillon se mit en route ; mais le vieillard, les larmes aux yeux, n’a-
U’éuit la \oix de L.mjuin.tis. Mémoires sut les journées de septembre 17<j2.