Band 
Tome premier.
Seite
243
JPEG-Download
 

Septembre 1792.) un <jiki.olks convemionnki.s.

243

D’Orléans cherchait à se populariser de plus en plus, surtout à cause de l'em-prisonnement de son cousin. Il comprenait, en outre, combien il avait desacrifices à faire pour se maintenir dans les bonnes grâces des jacobins, quine s’occupaient plus de lui depuis longtemps. Mais c'étaient de vaines tenta-tives : la faveur du peuple est d’ordinaire coquette, passionnée et rancunière.Elle se joue en riant de celui qui la convoite ; une fois à lui, elle est jalouseet le veut tout entier ; à la moindre faute, elle se venge. Ainsi lit-elle pour leduc d’Orléans , après qu’il eut accompli plus tard son dernier et plus odieuxsacrifice.

Ce nouveau baptême de celui que la révolution avait déjà baptisé si sou-vent n’avait pour motif ostensible que la nomination des députés à la conven-tion nationale . Il n’était pas difficile de le croire alors. Dans la situation oùse trouvait la Frgpce, attaquée au dehors par les alliés, au dedans déchiréepar la guerre civile qui commençait dans la Vendée , le choix des députésdevenait l’avis du pays touchant les affaires politiques. La commune avaitempiété sur les attributions de l’assemblée législative; la commune apparte-nait aux jacobins. En nommant une majorité de députés jacobins, les élec-teurs assurèrent pour longtemps le triomphe de ce parti sur la Gironde . Avecla convention nationale , telle qu’elle siégea dès son début, l’unité gouverne-mentale était plus certaine et plus reconnue que jamais. Le lecteur compren-dra donc parfaitement la démarche du duc d’Orléans , lorsqu’il aura jeté lesyeux avec nous sur quelques-uns des membres nommés les plus inllucnts etles plus significatifs de la convention nationale .

Elle ouvrit ses séances le 21 septembre, dans le palais des Tuileries .

L’assemblée législative, qui n’avait fait que détruire sans rien réédifier, luilaissait toute la véritable tâche de la révolution. Il y avait eu pour quelquesjours anarchie complète, — entre un pouvoir qui n’existait plus et un autrepouvoir qui n’existait pas encore. La convention nationale revêtit en elle-même toutes les attributions. Les journalistes y eurent la prépondérance :tous ceux qui avaient battu en brèche les représentations précédentes lacomposèrent. On y comptaitnotamment : — Baille, un des hommes qui avaientappelé les Marseillais; — Camille Desmoulins , celui qui avait de l’espritcomme journaliste et de l’énergie comme orateur ; — Maximilien Robespierre ,le boute-feu de l’assemblée nationale; — Marat , l'exclusif ami du peuple; —et le boucher Legendre, un des vainqueurs du 20 juin et du 10 août ; — etla Vicomterie, l’auteur des Crimes des Rois; — et Fabre d’Églantine, quiavait écrit des comédies pour la scène, et qui voulait être tragédien dans larue; — et Dupuis, qui avait renié tous les cultes, excepté celui de la poli-tique ; — et David , le peintre républicain ; — et Cai ra, le chroniqueur de larévolution; — et Chabot, l’ex-capucin, prédicateur du faubourg de gloire;— et Marie-Joseph Chénier , le poëte officiel des hontes ou des héroïsmes révo-lutionnaires ; — et Clootz enfin , patriote exotique, l'orateur du genre himai.v.