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Tome premier.
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fiEGK de hiion ville.

(Septembre 1792.)

2U

Ajoutez Collot d'Herbois, Couthon, Saint-Just , Camus, Fauchet, Kersaintet Syéys, — théoriciens;

Panis, Danton, Sergent, Treilhard, Lebon, Guadet , hommes d’ac-tion , etc., etc.

Vous pourrez de la sorte comprendre la lutte à mort qui s’est agitée ausein de la convention pendant ces trois années de son existence, d’abord entrela Gironde et la Montagne, puis entre la Montagne et la Plaine.

A peine assis sur leurs bancs, les conventionnels abolirent la royauté,proclamèrent la république , et décidèrent qu’à partir du 21 septembre on nedaterait plus de l’an IV de la liberté, mais de l’an premier de la république.Le sceau des archives, et celui de tous les corps administratifs, durent porterpour type une femme appuyée d’une main sur un faisceau, et de l’autre surune lance, avec cette légende : République française .

L’abbé Grégoire avait dit : « L’histoire des rois est le martyrologe desnations; » et Collot d’IIerbois, conséquemment, fit adopter cette motion :« La convention déclare que la royauté est abolie en France . »

La république alors se hâte d’imiter les caprices et les injustices des répu-bliques antiques. Elle destitue le général Montesquiou le jour même où ilprenait la ville de Chambéry , et est forcée de suspendre son décret en appre-nant la victoire de l’accusé. 11 avait fait afficher cette proclamation dans lesvilles conquises : Au nom de la nation française, guerre aux despotes, paixet liberté aux peuples \ On le voit, déjà la convention exerce sur les générauxd’armée un terrible contrôle ; ses membres, avant d’agir, ont besoin de semesurer. Les girondins et les montagnards luttent activement. Les premiersdénoncent Marat et Robespierre. Le député d’Amiens se défend, en alléguantla pureté de sa vie entière qui lui a mérité le surnom d 'incorruptible. Quant àl’ami du peuple, son discours ressemble à une page de son nouveau journalde la République , et il y développe le système dictatorial dont il est le re-présentant, au milieu des cris : Marat à la guillotine! Tous deux sortirentvictorieux du procès; et, dans la môme séance, la république fut déclaréeune et indivisible ; ce qui fit tomber à plat les idées fédéralistes des brisso-tins, partagées assez volontiers par toute la Gironde .

La France entière fit preuve de son unité aux frontières. Les prises deLongwy et de Verdun étaient loin, et enfantaient, comme nous l’avons déjàdit, des traits d’héroïsme. Thionvillc, attaquée par l’étranger, plaça sur lesremparts un cheval de bois avec une botte de foin dans la bouche : — « Quandce cheval mangera ce foin, Thionville se rendra. » Pour les Lillois , ils jurèrentde s’ensevelir sous les décombres de leur ville plutôt que de se rendre, ettriomphèrent d’un bombardement à boulets rouges qui dura dix jours. Lescirconstances qui accompagnent le siège de Lille valent bien une description.C’est un des plus beaux faits d'armes du temps de la république.

* Kilt* le rapporta tout à fait le 7 octobre 1792-