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Tome premier.
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SIÈGE DE LILLE.

(Septembre 1792

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Le 29, les Autrichiens avaient achevé tous leurs préparatifs devant cetteville. Le même jour, dès onze heures du matin, un major autrichien se pré-senta en parlementaire, et fut introduit, les yeux bandés, devant le conseilde guerre lillois rassemblé. 11 fit deux sommations, par lesquelles le duc deSaxe-Taschen. commandant le siège, invitait les habitants à faire causecommune avec la coalition. Voici une de ces sommations :

A LA MUNICIPALITÉ DE LILLE !

« Etabli devant votre ville avec l’armée de Sa Majesté l’empereur et roiconfiée à mes ordres, je viens, en vous sommant de la rendre ainsi que lacitadelle, offrir à ses habitants sa puissante protection. Mais si, par unevaine résistance, on méconnaissait les offres que je leur fais, les batteriesétant dressées, et prêtes à foudroyer la ville, la municipalité sera responsableà ses concitoyens de tous les malheurs qui eu seraient la suite nécessaire. »

La municipalité répondit et fit afficher :

« Nous venons de renouveler notre serment d'étre fidèles à la nation, demaintenir la liberté et l’égalité, ou de mourir à notre poste. Nous ne sommespoint des parjures »

Irrité du peu de cas que les Lillois faisaient de ses propositions, le duc deSaxe-Taschen ordonna l’attaque de la ville. Les bombes et les boulets se suc-cédèrent, et mirent le premier jour la terreur au cœur des habitants. Lebombardement s’effectua dans les règles ; mais les Lillois résistèrent tant etsi bien, que les coalisés furent obligés de battre en retraite et de renoncer àleur entreprise.

Le siège de Lille est un épisode trop remarquable dans les fastes de larévolution française pour que nous n’entrions pas dans quelques détails surl'héroïque défense des assiégés, et sur les résultats de leur courage.

Les premières,bombes lancées sur la ville ranimèrent l’héroïsme des habi-tants qui avaient juré de mourir à leur poste. Vingt-quatre pièces de canonde gros calibre tiraient sans interruption, à boulets rouges, contre la villeLes Lillois se défendirent dans le plus grand ordre. Dans tous les quartiers,des veilleurs cherchaient à arrêter les ravages des bombes. Les maisonsfurent incendiées sans que pour cela leurs propriétaires voulussent abandon-ner les remparts. En voici des exemples. — Un canonnier apprit que sa de-meure était la proie des flammes ; il se détourna, vit de loin sa maison brûler,et s’écria : Je suis ici à mon poste; rendons-leur feu pour feu. Dès qu’unemaison devenait inhabitable, les citoyens disaient à celui qui faisait cetteperte : Buvez, mangez tant que ma provision durera; la Providence pourvoira

* Recueil de lettres et autres pièces, adressées à la municipalité de Lille , à l'occasion du bombarde-ment de cette place. — Communiqué par >1. Ücntil-Dcscamps, conseiller-municipal, à Lille .