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CECILE ET JULIEN.
Octobre 1792.!
à l’avenir. Un boulet de canon perça un mur de la salle des séances de l’as-semblée électorale, et passa entre un curé nommé Marehiennes et le secré-taire de l’assemblée. Mes amis , dit le premier, nous sommes en permanence ,je fais la motion que ce boulet y soit aussi et qu'il reste dans ce lieu comme unmonument de notre fermeté'.
On en vint à plaisanter sur le bombardement. Un quartier de la ville étaitfort endommagé par l’incendie. Vingt-deux Lillois , voisins du feu, se firentraser dans la rue et [mirent successivement pour plat à barbe un éclat debombe qui venait de tomber *. On jouait à la boule avec des boulets sur lagrand’place de Lille ; on en coi (Ta plusieurs du bonnet de la liberté". Lescitoyens se tenaient dans les rues; quand un boulet tombait sur une maison,ils criaient : Boulet chez un tel ! et ils y couraient
Les coalisés perdaient un peu espoir de s’emparer de Lille . Us cessèrentle feu dans la journée du 3 octobre. On dit que l'archiduchesse Marie-Chris-tine, gouvernante des Pays-Bas, arriva, sur ces entrefaites, et qu’elle fit or-donner une nouvelle attaque, en mettant elle-même le feu à une pièce de ca-non chargée à boulet rouge. Ce fait, dont la vérité est contestée, n’en fut pasmoins, après avoir été répété et commenté dans la ville , une cause de pluspour déterminer les habitants à une défense opiniâtre.
Le 7octobre, l’armée autrichienne leva le siège; ils avaient lancé sur laville soixante mille boulets, et brûlé deux cents milliers de poudre.
Quel effet produisit à Paris et dans les provinces la belle défense de Lille !Il y eut une foule d’adresses et de félicitations envoyées aux habitants. Il yeut beaucoup de pièces lyriques sur cet événement, et l’Opéra-Comique jouaI o Siégé de Lille. Un jour, le général Wimpfen , héros de Thionville , assista àla représentation. 11 fut accueilli parles cris de Vice Félix Wimpfen ! Vive lehéros de Thionville ! Enfin , on fit un grand nombre de chansons, parmilesquelles nous citerons Cécile et Julien, ouïe Siège de Lille, romance qui eutbeaucoup de succès, et qui cependant ne se rapporte qu’indirectement à cefait mémorable. La voici. Nous la citons comme un modèle de style amoroso-bellicoso-populaire, —qu’on nous pardonne cette locution si fort en harmonied'ailleurs avec le langage du temps.
Auprès de la beauté qu’il aime (bis).
Mais au premier son du tambour,
Il sacrifie à la patrie.
Son bien, sa vie et son amour. (bis)
L’amour dans le cœur d’un Français ,L’amour est le bonheur suprême,
Tant les instants sont pleins d’attraits
* L*n joli tableau de Wattcau, neveu, retrace ce fait, ainsi qu'une estampe du temps fort grossièrement