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Tome premier.
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(Année 1792.) baptême des pahtis et d:;s villes.

L’hôpital de la Charité s’appela l’hospice de l’Unité; celui de Necker, hos-pice de l’Ouest; celui de Saint-Louis, hospice du Nord; la maison royale deSanté, hospice National ; l’IIôtel-Dieu, le grand hospice d’IIumanité.

Les métamorphoses sont de diverses sortes ; les unes sont politiques , lesautres emblématiques , d’autres enfin satyriques. Les rues de l'Égalité, del’Union , de la Convention, de la Loi, de la Liberté , etc., se rapportent à larévolution , et en conservent le souvenir. Celles Cérutti, Helvétius , de Lous-talot, honorent le caractère de ces grands hommes, célèbres par leurs prin-cipes de liberté. La barrière Renversée est une sanglante ironie; la rue Mont-Orgueil, au lieu de Comtesse d’Artois, est une allusion méchante au carac-tère de cette princesse, du moins tel quese le représentaient les républicains.

Inutile de dire que cette mesure s’étendit aux départements.

Beaucoup de villes et de villages ont aussi reçu le baptême républicain.Nous avons Égalité-sur-Marne , le Val-Libre , le Mont-Vunité , FranciadeSaint-Denis), Thermopgles, Rochers de la Liberté, RrulusVillicrs , Montfort-ie-Rrutus, la ville de Monl-l’Egalité, et le département de Mont-Terrible.

Voyons maintenant quelles sont les dénominationsde partis les plus usitées.

Les girondins s’appellent tout simplement Patriotes; ils nomment les feuil-lants Modérés, et les jacobins Enragés. Or, dit Brissot , voici les définitions :

Patriote. —Ami du peuple, ami de la constitution.

Modéré. —Faux ami de la constitution , ennemi du peuple.

Enragé.—F aux ami du peuple, ennemi de la constitution.

Les chefs des modérés sont, aux yeux des jacobins , le Comité autrichien ;ceux des enragés, des tribuns ou des factieux.

La lutte entre les jacobins et les girondins existe à la convention, lissebattent aussi, et très-violemment, dans le public, à coups de plume. D’uncôté, la société des jacobins arrête qu’ellechassera sur-le-champ tous les jour-nalistes, et voici qu’un des membres, Albitte , propose un jour , auxapplau-dissements unanimes de l’assemblée , de jurer de poignarder tous ceux quiaspireront à la tyrannie *.

D’un autre côté , certains écrivains accusent les jacobins d’une façonvirulente. Tel est le Journal français, qui ose parler ainsi de Paris livré à eux :

« La calomnie est la monnaie courante du pays, l’audace est un sûr passe-port pour entrer sur cette terre déshonorée, et les menaces sont le pouvoirexécutif de cette aggrégation anarchique. »

«La liberté a abandonné aux furieux ce lieu, où jadis elle était adorée. »

«Lesécrits dictés par la raison ou le patriotisme y sont lacérés et brûlés aumilieu des vociférations des cannibales abâtardis. Ces singes-tigres vou-draient nous faire regretter le despotisme, puisqu’ils renchérissent à l’envisur ses monstrueuses conceptions. »**

Journal ries Débats des .finis de la Constitution (décembre).

” Journal Français, 1792. Ce jo.irnal n’a pas eu plus de six mois d'existence.

T. I.

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