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Tome premier.
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28i surnoms, style, héroïsme. 'Année 1792.)

pour des fats outrés *. La commune proposa, le 31 décembre, de changer lafêle des rois en celle des sans-culottes.

On se donnait encore, d’ailleurs, une foule de surnoms. Les partis se bat-taient à coups de sobriquets , ou décernaient à leurs patrons des épithètesglorieuses. Voici le relevé des plus curieux surnoms que nous connaissions.

Jean-Paul Marat avait su conserver son titre d 'ami du peuple, aux yeux deses partisans ; ses ennemis le poursuivaient du nom de dictateur.

Robespierre aîné avait conquis, parmi les jacobins, le titre d’incorruptible ;il partage avec Marat , aux yeux de ses ennemis, le nom de dictateur.

D’Orléans est pour tous, Louis-Philippe-Joseph , égalité.

Buzot, accusé généralement de faux patriotisme, est dit le roi Buzot .

Lafayette a vu adopter par tout le monde, le titre d’eunuque de la révolu-tion. que Marat lui avait donné dans un jour de colère.

Pétion est appelé petit Pétion . le roi Jérome parce (pie, lorsqu’il a été ques-tion du jugement de Louis XVI , il a voulu qu’on observât scrupuleusementtoutes les formes judiciaires.

Sergent, un des exclusifs des 2 et 3 septembre, est surnommé agate, par-ceque, dit-on, il a volé un bijou de grand prix, au pillage du garde-meuble.

Les femmes qui se sont montrées au massacre des prisons, sont appeléesharpies, jusqu’à ce que, plus tard, elles reçoivent le nom odieux de lècheusesde guillotine.

Sous ce rapport, le style et le langage du peuple sont devenus de plus en plusexaltés. Les journalistes ont mis à la mode l’image et la ligure ; leurs ouvragessont pleins d'enflure, même les plus sensés sous le point de vue politique. Il està remarquer que beaucoup d’entre eux faisaient des fautes d’orthographe,ou au moins des fautes énormes d’attention. Marat écrivait Jemmapes par unG, et Roland par deux LL. La politique de bas étage était plus encore fran-çaise par le cœur, sans doute, mais non par le langage. Ceci montre combiend’hommes inférieurs en talent cherchaient peu à peu à dominer leurs conci-toyens, et combien le rôle des subalternes prenait d’importance.

La belle lace de la révolution était toujours l’héroïsme de nos soldats auxfrontières, aussi bien que le patriotisme avec lequel les enrôlements volon-taires s’opéraient. Les exemples fourmillent. — Une famille entière du midicourut aux armées, les cinq fils d’abord, puis le père, puis la fille, qui revê-tit des habits d’homme **. ■— A Laval , près de Lens, des femmes faisaientdes torches de paille, qu’elles imprégnaient de graisse et de goudron. l. T nvoyageur, les voyant, s’arrêta, pour leur demander à quoi ces torches devaientleur servir. « C’est, répondirent-elles, pour brûler nos maisons, avantque les Autrichiens viennent à s’en emparer. .Mais, où vous retirerez-vous,

'Mémoires de Barbatvux. Les Muscadins étaient appelés ainsi, parce qu'ils se uiusquaient commeles dames.

** fes Etrennes de la vertu pour 1793.