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Tome premier.
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(Année 1792.)

RÉCOMPENSES RÉPl'BI.ICAINES.

2Co

répartit le voyageur? — «Là, répliquèrent les républicaines»; elles luimontraient une carrière *. — Un maire du canton de Brives , dans le départe-ment de la Corrèze , voulant donner l’exemple aux jeunes gens de sa com-mune, quitta son écharpe et s’enrôla. Son père et sa femme voulurent leretenir , mais il persista dans sa résolution , en disant : « Serions - nous doncmoins braves que nos ennemis ? Les aristocrates ont quitté femmes, enfants,héritages, pour combattre la liberté; je pars, moi, pour la défendre’*».

La réponse du maire de Brives était bien vraie. S'il y avait du courage etde l’abnégation du côté des républicains, les aristocrates, les émigrés, lescoalisés n’en manquaient pas non plus. L’histoire doit justice à tous. A me-sure que la lutte s’envenimait, l’enthousiasme augmentait de part et d’autre.Nous pourrions citer plus d’un trait héroïque de nos ennemis, mais nousn’oublions pas que nous écrivons principalement l’histoire de la république àl’intérieur, et nous nous abstenons.

Les récompenses accordées aux braves, étaient d’une simplicité vraimentantique, vraiment républicaine.

La convention décréta, peu de jours après le siège de Lille , « que celteville avait bien mérité cle la patrie , » et lui fit présent d’une bannière ayantpour légende : A la ville de Lille , la patrie reconnaissante. Elle lui donna enoutre, deux millions à titre d’indemnité.— S’il y a, dans l’histoire de la ré-volution, des lieux-communs de crimes, il y a aussi des lieux-communs desublimes actions. Aussi, à l’avenir, quand notre regard sera trop attristé parles terribles scènes du Forum, nous le reporterons bien vite avec certitudede compensation, sur ces saintes régions du pays qu’on nomme les fron-tières . Et cela d’autant plus, que notre but n’est pas, en faisant cet ouvrage,de ravaler la France à ses propres yeux, par le récit des infamies de quel-ques hommes, mais plutôt de lui montrer simultanément le bien et le malde son passé. Nous ne faisons ni une diatribe, ni une apologie; nous présen-tons au lecteur, un miroir à deux facettes.

Une gravure prétendait que les quatre mois de la république avaient étébien employés, et célébrait les prodiges de la liberté, de l’égalité, du talentet de la valeur républicainepar le général Dumouriez ***.

Le texte d’une autre disait : « Lisez, feuilletez, et trouvez dans l’histoire,quatre mois pareils! »

Il est vrai qu’il s’était passé bien des choses depuis la proclamation de larépublique.

Celui qui se serait absenté depuis ce temps-là, aurait trouvé bien deschangements à son retour.

* Recueil des actions civiques et héroïques des républicains français , a lusa^e des écoles primaires.Imprime par ordre de la conventiou nationale, l'au II de la république.

** Idt'tn.

*** Cai tous de la Bibliothèque royale.