CO.VI'I.AIMTE*.
(Janvier 1793.)
28 V
8 .
Hélas.' sept mois se passèrent (*«>)Dans cette horrible prison :J'entends troupes et bataillon,
Qui se disent, nous sommes frères,
11 faut garder sans façon,Ne point perdre le Cochon.
A la convention je jure.
On me conduit à l'instant,
Où l'on me connaît pour parjureDe là je fus aussitôt(Conduit dessus l'échafaud.
9 .
Les adieux qu’il fait au peuple.
Hélas! voilà l’alarme :
C’est quand on vient m'avertirOn me dit qu’il faut partir,
Que le peuple est sous les armesPour mon dernier jugement :Allons, partons, il est temps
Adieu, peuple de la terre :Adieu donc, peuple français ,Je vais voir le roi des roi»;Je vais fermer la paupièreSous le glaive de la loi,
Comme étant ci-devant roi *.
Cette complainte était contre Louis XVL. Palissot en composa et publiaune ch romance, qui se vendit presque autant le jour de l’exécution, et quiimplore la pitié des Français pour le roi-martyr. L’air de cette romance,observe l’auteur lui-même, se présentait de lui-méme; c’était, dit-il, et ce nepouvait être que l’air de la passion de Jésus-Christ , comme le plus respectédu peuple, et le plus analogue à la circonstance.
1 .
^Verriez-vous couler sans effroiLe pur sang de vos maîtres?
Je jouirai de vos regretsAu séjour de la gloire.
5 .
Me condamne au supplice.
Peuple séduit, ouvre les veuxTu n’es pas leur complice.
Destrnitsdu céleste] courrouxJe saurai vous défendre.
6 .
Qui leur donna la libertéDont je suis la victime '
Sauve un peuple infidèle;Tu mourus pour l’iniquité.J’ai suivi mon modèle. **
Ce fut un don de ma bonté.Ma bonté fut mon crime.
* Cette pièce historique fait partie de la collection de M. Latcrrade. C’est ce qu’on appelle un canard«Ui temps.
** strophes furent composées dans la matinée du 21 janvier 1791. — Le lecteur comprendra quel;mérêt historique s’attache a ces émanations de l’opinion publique, pour un événement tel que lamot 1 de Louis XVJ.