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Tome premier.
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HONNEURS A I.EPELLE 11ER.

28G

(Janv ier 1793.)

Elle a été publiée eu Angleterre , où la mort de Louis avait soulevé tant dehaine et d’indignation contre les Jacobins . Comme exemple du second cas,nous citerons une gravure intitulée :

MATIÈRE A RÉÉLECTION [sic] POUR LES JONGLEURS COURONNÉS.

C’est une main qui tient par lescheveuxlatétecoupécdeLouisXVI. Au bason lit: Qn’unsang impur abreuve nos sillons! et un extrait delà troisième lettrede Robespierre à ses commettants *.

Quant à la presse républicaine, elle rendit ainsi compte de l’événement.Marat , dans son journal, dit : qu’en prononçant la mort du tyran , la con-vention s’était montrée bien grande. La chronique de Paris raconta simple-ment les faits suivant son habitude. Le Républicain proclama que le peuple«était à la hauteur de sa souveraineté, » parce qu’ii n’avait manilesté ni joie,ni regret, pendant l’exécution. Le pire Duchesne fit l’oraison funèbre de Louis,diatribe. Les Révolutions de Paris mirent pour épigraphe à leur article surla mort de Louis : Discite justiliam moniti. Le journal de Perlet dit que toutcela appartenait à l’histoire quijugerait en dernier ressort. Le journal des Amis,enfin, journal rédigé par Fauehet, publia une tirade que l’on ne peut appelerque galimathias, et au travers de laquelle il était difficile de démêler les vé-ritables pensées du journaliste. Ce fut, parmi les conventionnels, et parmiles écrivains politiques, un assaut à qui injurierait le plus la mémoire dudéfunt roi. Lorsqu'ils en parlaient, ils le qualifiaient de Louis le raccourci, etappelaient Louis XVII , le Louveteau du Temple**; c’étaient là les ternies con-tractés.

Disons maintenant quels furent les honneurs rendus à Michel-Lepelletier ,dont la mort fit plus d’effet encore que celle de Louis XVI , qu’elle contre-ba-lançaaux yeux des gens indécis sur la justice de la condamnation.

Le 22, Marie-Joseph Chénier prononça devant la convention l’éloge de Le-pelletier. Le jeudi 2à, à dix heures du matin, son lit de mort fut déposésur le piédestal où était la statue équestre de Louis XIV , place dos Piques,ci-devant place Vendôme ). Deux escaliers garnis de candélabres à l’antiquesur leurs rampes, conduisaient au piédestal. Le cadavre de l’excellent pa-triote, était étendu sur le lit ; il était nu jusqu’à la ceinture, et environnéde draps ensanglantés, du sabre de de Paris . On voyait parfaitement biensalarge et profonde blessure. Dès que la convention et les diverses autorités fu-rent arrivées sur la place, une musique lugubre se fit entendre. Elle était dela composition de Gossec . La convention se rangea autour du piédestal, et leprésident posa une couronne de chêne et de fleurs sur la tête du martyr de laliberté, pendant qu’un fédéré prononçait l’éloge du défunt.

* Cilûnoi <le M. Liiorriulu.

** Urrniviv* années de fond* AT/”/, par François Hue .