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Tome premier.
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Février 1793.)

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Les girondins voulaient dire par-là, qu'à l’ancien maître allaient succéderde nouveaux tyrans. Ce noël, en effet, est une nomenclature des monta-gnards les plus en évidence pour le moment. 11 est vrai aussi qu'ils commen-çaient à agir assez despotiquement ; ils avaient fait une visite dans le palaisEgalité, pour arrêter des factieux « menaçant disaient-ils, les membres dela convention et la liberté, » et qui n’étaient pas munis de cartes de ci-visme. Le premier substitut du procureur de la commune, dénonça le prin-cipal du collège des Quatre-Nations , parce qu’il avait conservé l’usage defaire célébrer la Saint-Charlemagne à ses élèves, ce qui était, selon lui, uneinfraction aux principes du républicanisme, n’y ayant plus de rois en France

Les jacobins avaient proposé, dans leur société, de faire rappeler parlesdépartements, les députés qui n’avaient pas voté la mort de Louis XVI , et,vers le même temps, les inconséquents, ils avaient planté à Paris , l’arbre dela fraternité sur la place du Carrousel, en y portant en triomphe le buste doBrutus, et chantant la Carmagnole et l’air ça ira **. Tout allait de mieux enmieux pour les jacobins ; Roland avait donné sa démission.

De fait, ils triomphaient déjà, et s’apprêtaient à faire la guerre aux coalisés,plus vigoureusement encore que par le passé. Ils disaient au roi de Prusse, enfaisant son portrait dans une lanterne : « Si tu ne crains pas la déchéance,crains la suspension. » Us se moquaient des Prussiens et des Autrichiens, àcause de leurs récentes défaites, et célébraient leur rentrée triomphante dansleurs foyers. Alors, Dumouriez ne leur sembla plus digne de commander nossoldats, et ils ne le laissèrent aux frontières, que jusqu’à nouvel ordre. Laconvention porta l'effectif des armées, à 502,800 hommes, et dans le cou-rant de février, elle déclara purement et simplement la guerre au roi d’An-gleterre, et au stathouder des Provinces-Unies , émit huit cent millions d’as-signats, chargea le conseil exécutif d’obtenir une satisfaction éclatante dol’assassinat de Basseville, dont elle adopta le fils, et réunit sur sa demande,le comté de Nice à la France , avec la principauté de Monaco, sous le nom dedépartement des Alpes Maritimes . Elle s’occupa d’augmenter nos forces ma-ritimes, et nomma Beurnonville, ministre de la guerre, en remplacement dePache, le Roland de la montagne, pour satisfaire un peu la Gironde . Mais,par compensation, elle suspendit, ou plutôt abolit la procédure sur les massa-cres de seplembre, (pii compromettaient trop de révolutionnaires importants.

Beurnonville, animédes meilleures résolutions, mena rondement les affairesde la guerre; il ordonna à Dumouriez de commencer une invasion en Hol-lande. Un décret, rendu le 19, avait mis à sa disposition tous les célibatairesou veufs sans enfants; le 2V, la convention vota une levée de trois cent millehommes, et bientôt, les communes furent autorisées à faire des canons avec

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