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Tome premier.
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tiiolbi.es a KAKIS .

(Mars

En mars, le mois où la convention organisa le plus de mesures révolu-tionnaires, les montagnards portèrent les premiers coups directs à la gironde.Dumouriez éprouva un échec, lors de son invasion en Hollande. Le reversfut exagéré dans la capitale. Danton demanda que quarante mille Parisiens rejoignissent l’armée du Nord. Un décret de la convention créa des commis-saires envoyés dans les départements, pour inviter tous les citoyens à mar-cher aux frontières. On ferma les spectacles; le sinistre drapeau noir futarboré sur les tours de Notre-Dame ; le rappel fut battu, et la commune pu -blia une proclamation qui commençait ainsi : « Aux armes, citoyens! auxarmes! si vous tardez, tout est perdu. »

Ce sont les montagnards (pii vont sauver la ré .2 du péril extrêmedans lequel elle se trouve. Les volontaires, avant de s’incorporer aux armées,demandent par pétition, la création d’un tribunal criminel extraordinaire *,pour juger les suspects, les traîtres et les conspirateurs.

Les montagnards allèrent plus loin, et, le 10, ils voulurent faire main bassesur leurs ennemis de la gironde. Pendant la nuit, ilsse dirigèrent vers la con-vention qui était en permanence, pour y faire maison nette, et chez les mi-nistres. Beurnonville, dont le domicile était cerné, sauta par-dessus les mu-railles de son jardin, s’alla mettre à la tète du bataillon de Brest , et dissipales insurgés. Une pluie battante acheva de les disperser. Le moment n’étaitpas propice : aussi, la commune, et Santerre, appelé partout le second Ma-rat , s’opposèrent au complot. L’expédition se borna aux bris dos pressesde Corsas, rédacteur du Courrier des quatre-vingt-trois départements, et deGarnery, éditeur de la Chronique de Paris .

Elle amena la création d’un comité de surveillance dans chaque section deParis **.

Mais des mesures rigoureuses, de quelque parti qu’elles émanassent, pou-vaient-elles remédier àeet état déplorable des esprits? Lapeinede mortarrètera-t-elle la hardiesse des contre-révolutionnaires?—D’abord, le comité de défense,ou de salut public commence à jouer son rôle ; les ci-devants et les suspectsdoivent être désarmés, tous les bons citoyens armés de fusils ou de piques.Le tribunal extraordinaire est permanent; Marat demande que le maire deParis fasse saisir les chevaux de luxe, et le même jour, la convention portece décret inquisitorial :

« Tous bons propriétaires et principaux locataires, concierges , fer-miers, régisseurs, portiers, logeurs et hôtelliers des maisons et de toutes ha-bitations dans le territoire de la République , seront tenus d’afficher à l’exté-rieur des maisons, fermes et habitations, dans un endroit apparent, et encaractères bien lisibles, les noms, prénoms, surnoms, âge et profession de

* Ce triliunal reçut «le la convention le nom de tribunal ivrolntionnaire en octobre i;«k>” 1 * 12 février