330 l)K MAIIAT ET DE ROBESPIERRE. (Juillet 1793.)
la liberté dès son berceau ; la philosophie seule doit être le guide des répu-blicains ; ils n’ont d’autre Dieu (pie la liberté. »
Marat était le roi du peuple; Kobespierre eut après lui ce trône, aussi chan-celant que celui des rois, quand l’autorité de celui qui y monte n’est pasguidée par la sagesse et le raisonnement. Ces deux hommes nous semblentavoir fait ombre à la souveraineté du peuple, en immolant toute chose ettout individu, je ne dirai pas à leur ambition personnelle, — cela fait ques-tion , — mais à leur propre opinion , selon eux la seule bonne et exclusive-ment patriotique. Dans une république, les hommes doivent s’effacer devantla raison des masses intelligentes , et c’est parce que Marat , et Kobespierrenotamment, n’ont pas su le comprendre, qu’ils sont devenus les rois dupeuple, tandis qu’ils auraient dù se faire les serviteurs de ses intérêts A quoiavait servi de nier la volonté suprême du monarque, s’il fallait qu’on obéît àla volonté suprême d’un chef de parti? Qu'était-ce, avec eux, que la conven-tion? La convention, cependant, pouvait être regardée comme la véritableexpression du peuple; et, en voulant la soumettre à leurs volontés , Robes-pierre et Marat devenaient despotes.
Mais ces quelques considérations trouveront plus tard à se développer pluslargement, lorsque nous examinerons le système terroriste.
FIN DU CHAPITRE VINGTIÈME.