FÉJ'K 1)1' 10 AOUT.
(Août 1793.)
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et mausolées des ci-devant rois, déposés dans l’église de Saint-Denis , se-raient détruits. Au contraire, à dater du 4 de ce mois , sur les théâtres dé-signés par la municipalité, les directeurs furent tenus de représenter , troisfois par semaine, Brutus, Caïus Graechus, Guillaume Tell , et autres piècesde ce genre, « capables d’entretenir, dans les cœurs l’amour de la liberté etdu républicanisme. «Une fois par semaine, l’une d’elles devait être jouéeaux frais de la république.
Or, le 10 août 1792, on avait profané la royauté vivante dans son palais ;le 10 août 1793, on viola la royauté morte dans ses tombeaux. Le peuplecourut à Saint-Denis disperser les os de toute la lignée des rois de France ; ilinaugura la statue de la liberté républicaine, et célébra la fête de Vanité et del'indivisibilité de la république, dont le peintre David fut l'ordonnateur.
Les assemblées primaires, qui avaient étéappelées pour célébrer le 14 juil-let dernier, l’acceptation de la constitution de 93, durent apporter le procès-verbal de cette acceptation. Le 10, de grand matin, on se réunit sur l’em-placement de la Bastille. Au milieu des ruines s’élevait la fontaine de larégénération. Elle se composait d’une statue colossale en plâtre, assise, repré-sentant la nature, pressant de ses mains ses mamelles d’où sortaient deuxjets tombant dans un vaste bassin. Les commissaires envoyés par tous lesdépartements, y puisèrent tour à tour avec une coupe d’agate, et burenttous dans la même coupe, au bruit des canons et aux accents d’une musiqueéclatante, de cette eau régénératrice, en invoquant dans leur enthousiasmela sainte vertu de la fraternité. Sur la base de la statue avait été gravée cettephrase ; Nous sommes tous ses enfants.
Sur les ruines de la forteresse il y avait des inscriptions relatives à la Bas-tille. Sur une pierre on lisait ; Il y a quarante-quatre ans que je meurs-,
Sur une autre ; La vertu conduisait ici;
Ou : Le corrupteur de ma femme m’a plongé dans les cachots;
Ou : Je ne dors plus ;
Plus loin , enfin : Mes enfants! Oh! mes enfants (a) !
Sur la place de la défunte Bastille était la première station ; la deuxièmese fit sur le boulevard Poissonnière, où un arc-de-triomphe avait été élevé àla mémoire des braves citoyennes des 5 et G octobre. A la station troisièmevers la place de la Dévolution, en face de la statue de la Liberté , on brûlatous les ornements et tous les attributs de la royauté. La quatrième halteeut lieu dans l’avenue des Invalides . Sur un piédestal s’élevait une hautestatue, représentant le peuple français armé d’une massue, et faisant ren-trer le fédéralisme dans son marais fangeux.
(a) l‘rocès-»erbal »le* monuments, de la murclie et des discours de l.i fétr consacrer n J in.u»j;iir.,tionde l.t république française, rie.