JOURNÉE nu 1 er IMIAIIUAT.
(Mai 1795.)
» 5° La mise un liberté, à l’instant, des citoyens détenus pour avoirdemandé du pain, et émis leur opinion avec franchise;...
.... » fi° La convocation de l’assemblée nationale législative, qui rempla-cera la convention pour le 25 messidor prochain.
.... « Le peuple s’emparera des barrières, de la rivière , du télégraphe , ducanon d’alarme , des cloches destinées pour le tocsin , et des tambours de lagarde nationale, afin qu’il n’en puisse être fait aucun usage....»
.... « Les canonniers, la gendarmerie, les troupes à pied et à cheval quisont dans Paris et aux environs, sont invités à se ranger sous les drapeauxdu peuple et à s’unir avec lui par les liens de la fraternité , pour reconquérirles droits communs... »
... Les citoyens et les citoyennes de toutes les soctions indistinctement,partiront de tout point dans un désordre fraternel, et sans attendre le mou-vement des sections voisines qu’elles feront marcher avec elles, afin que legouvernement astucieux et perfide ne puisse plus emmuseler le peuplecomme à son ordinaire, et le faire conduire comme un troupeau par des chefsqui leur sont vendus et qui nous trompent.
« Le peuple ne se rassoiera pas qu’il n’ait assuré la subsistance, le bonheur,le repos et la liberté de tous les Français .
« Le mot de ralliement du peuple est : Du pain et la constitution démo-cratique de 1793.
« Quiconque, durant l’insurrection, ne portera point ce mot de ralliementécrit à la craie sur son chapeau, sera regardé comme affameur public etcomme ennemi de la liberté.
« Tout drapeau, guidon ou enseigne qui paraîtra, devra porter égalementle même mot de ralliemeut.
« Tout autre signe ou point de ralliement est absolument défendu et pros-crit. etc., etc. (a). »
Voilà un plan d’insurrection clairement développé. C’est le dernier mot duparti terroriste; c’est le dernier défi porté à Tallien et à ses amis.
En conséquence de cette proclamation, répandue à profusion dans la ca-pitale, les rassemblements se formèrent tout à coup. La Convention réponditpar une adresse aux citoyens de Paris . Mais au moment où elle venait del’adopter, les femmes des tribunes se levèrent tumultueusement et crièrent :Du pain! du pain! Le président se couvrit plusieurs fois; quelques femmesse retirèrent; d’autres poussèrent des clameurs plus violen'es encore. Ungénéral de brigade les força de sortir. Mais, pendant ce temps, des coups re-doublés se firent entendre à la porte de la salle des séances, du côté du salonde la Liberté. La porte fut brisée et céda : un Ilot d’hommes armés de bayon-nettes, de pistolets et de sabres, déborda dans l’enceinte! Le tumulte fut au
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