LE CALME EST RÉTABLI.
(Juin 1795.]
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comble et de longue durée, rependant, les insurgés étaient partis, le calmeétait revenu pour un moment, lorsque l’orage gronda de nouveau dans le sa-lon de la Liberté, dont la porte fut gardée par la force armée, impuissante àcontenir les furieux. Ils revinrent; le député Féraud s’élança vers eux, dé-couvrit sa poitrine, et cria : « Frappez, je vous abandonne ma vie ; mais res-pectez les représentants de la nation française. » Peu de temps après, Féraud,dont les efforts avaient été inutiles, tomba atteint d’un coup de feu. Les in-surgés le saisirent et l’entraînèrent hors de la Convention. Alors, l’un d’euxmonta à la tribune et vint lire un imprimé, « renfermant , dit-il, la volonté dupeuple souverain, au nom duquel il parlait. » — C’était le plan d’insurrectiondont le lecteur a pris connaissance.
Et bientôt, les meurtriers de Féraud reparurent, portant sa tète au boutd’une pique, et ils la présentèrent au président Boissy d’Anglas, qui s’inclinadevant elle. Il fut surnommé Boissy-lumine.
Jusqu’à minuit, le trouble continua. Mais tandis que les insurgés délibé-raient et remplissaient le rôle de conventionnels, -un bataillon se présenta,somma la multitude de se retirer, croisa la baïonnette, et, après un combatopiniâtre, la mit en fuite.
Faute d’audace encore, les terroristes manquèrent leur coup.
La Convention décréta d’accusation ceux de ses membres qui avaient leplus applaudi à l’insurrection du l' r prairial, à savoir Bourbotte, Puquesnoy,Duroy, Goujon, Itomme, Soubrany, Albitte, Prieur de la Marne , Kulh, Peys-sard, Le Carpentier, Pinet et Fayau.
Avec eux mourait le dernier espoir réel des révolutionnaires. 11 y eut biencontinuation des troubles; mais ils étaient peu sérieux, et les sections s’envinrent tour à tour faire leur soumission. Une sorte de commune, organiséepar les terroristes, sous le nom de Convention nationale du souverain , n’avaiteu qu’un bien court moment d’existence. Les accusés parurent devant unecommission militaire et furent condamnés à mort.
La convention célébra une fête funèbre en l’honneur du député Féraud (a).Méhul fut chargé d'en composer la musique.
Le tribunal révolutionnaire fut supprimé, et un décret porta que la célé-bration des cultes aurait lieu dans les temples qui leur étaient primitivementdestinés b). Unautredécret défendit à toute autorité constituée de reprendre lenom de révolutionnaire (12 juin); un autre enfin réorganisa les gardes na-tionales.
L’anniversaire du 14 juillet 1789 fut célébré dans la salle mémedes séances
(а) Tbibaudeuu, <|ui, après Louvel, porta lu parole pour rappeler les vertus de Féraud, profita de l'oc-casion pour faire établir une fête commémorative du 3i octobre * 793 . C’est lui qui, dans un discours, s’ap-pela lui-même barre de fer. Fréron mit alors dans son journal que, dans cette barre de fer. il y avait unepaille. Appréciation laconique et assez exacte du caractère de Thibaudeau
(б) Décret du 3o mai.