(Juin 1790.)
FETE DE I.’aGIIICI I.TL’MK.
XI
A Ion «lél.ut , île* vieux r«tuli«?r& «le l’.in.
Tti surpasses lotis les pnxlq'es ;
Complètement vainqueur, malgré ruses, prc*tq;«'S.
Au las «le nos lauriers m joins la bonne part.
I
Uette fête n’eut pas beaucoup «l’écho dans les masses. Le président du di-rectoire fit un discours qu’on n’entendit pas; les symphonies eurent le mêmesort.
« Chanter devant le peuple, remarque un journaliste, ce n’est d’ailleurs «pielui donner un spectacle. »
« Pour que ce fût une fête, il faudrait qu’il chantât lui-même (a).
Loin de là, on n’y chanta rien qui ne fût officiel, c’est-à-dire rien qui ne fûtfroid et sans expression. Le Conservatoire y exécuta une symphonie militairede Louis Jadin ; un hymne à la Victoire, paroles du citoyen Coupigny, mu-sique de Gossec ; le Chant des Victoires, paroles de Chénier, musique de .Mé-hul; un hymne à la Victoire, de Flins, musique de Cherubini , et le ChantMartial, paroles de Lachabeaussière, musique de Gossec , — avec lechant lyrico-bachique de Lebrun, dont nous avons extrait quelques stro-phes (h).
A peine y avait-il un morceau connu un peu dans ce répertoire. L’hymneseul de Chénier pouvait exalter l’imagination des spectateurs.
Hélas ! le caractère popidaire des fêtes précédentes de la république n’exis-tait pas dans celle des Victoires ; elles devenaient toutes spéciales aux auto-rités constituées, excepté au corps législatif qui, justement, d’après la consti-tution, n’v devait pas assister (r). Le peuple n’était plus spectateur et «acteur;il n’était pas encore bonapartiste, s’il ne pouvait plus être républicain.
Lebrun-Pindare avait terminé son ode par ce vers, bientôt nous boirons àla paix. Là tendaient les vœux : la paix, le commerce, l’agriculture. Aussi, lafête de l’agriculture, célébrée dans le Cliarnp-de-Mars le 28 juin (10 messi-dor), fut digne, touchante et magnifique : l'architecte Peyre en fut l’ordon-nateur. Le Champ-de-.Mars avait été raccourci de moitié; l’enceinte, élé-gamment drapée, était gardée par deux taureaux blancs de grandeur colossale,et deux lions regardaient de face le tertre sur lequel un autel avait étédressé. Là se tinrent les autorités constituées, le directoire du département,et des musiciens.
Hien de plus pompeux que le cortège. Une charrue d’or était placée sur unchar antique traîné par deux bœufs presque blancs, aux cornes dorées etgar-nies de banderoles, de feuillage et de Ileurs. La Liberté, assise sur un autre
(uj Article de llœdet’er sur la fêle «les Victoires, «l ins le Journal de Paris.
{b) Ari 72 «lu titre II de l.t «'«institution «le l'an III.
(c) Ordre spécial de la marche «■! «les cé > réium>i<‘sqm doivent avoir lieu à l.i fête de la Victoire, au Champd^’-M.irs , le 10 prairial. l'Iiiiprinu' «lu temps.)
1. il.
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