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Tome second.
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FÊTE DE I.A LIBERTE.

(Juillet 1796.)

char plus grand et plus élevé, traîné par huit bœufs marchant quatre defront, avait à ses pieds deux jeunes vierges occupées à brûler des parfums;autour d’elle des gerbes, des Heurs, des fruits et tous les attributs de l’agri-culture. La Liberté se tenait à l’ombre d’un chêne vert. Les deux chars partirentde l’École Militaire et firent le tourduf,hamp-de-Mars. Lorsque le cortège futarrivé de\ant l’autel de la Patrie, le président du département prononça undiscours, suivi d’hymnes patriotiques. Deux laboureurs, offerts comme desmodèles d’habileté et d'intelligence, de bonne conduite et de patriotisme, ontvu proclamer solennellement leurs noms et ont reçu des mains du présidentune couronne civique. Ce dernier, accompagné par eux, précédé d’un mili- >

taire qui guidait les bœufs, a tracé un sillon autour de 1 autel, au bruit de lamusique et des applaudissements de tous les spectateurs.

Dans toute la France , la fête fut célébrée de la même manière, dans uneplaine, dans un champ, à proximité de chaque commune.

Devant l’autel, un groupe de laboureurs, choisis parmi les plus ancien*et les plus recommandables, ayant à côté d’eux leurs femmes et leurs en-fants, tenaient d’une main les ustensiles du labourage, et de l’autre un bou-quet d’épis et de fleurs.

Les chapeaux des assistants étaient ornés de feuillage et de rubans trico-lores.

A un signal donné, les laboureurs s’avancèrent vers deux détachements decitoyens armés, et tirent échange des instruments de labourage contre des fu-sils; puis, ils rendirent les fusils ornés d'épis et de fleurs, et reprirent leursinstruments, au bout desquels flottaient des rubans tricolores. Enfin, toutle cortège revint vers l’autel ; le président et les deux laboureurs modèles ydéposèrent tous les ustensiles, et les couvrirent d’épis, de fleurs et de diversesproductions de la terre [a).

On fabriqua des éventails à la fe'te de l'Agriculture [b).

Pour tout dire, cependant, cette cérémonie elle-même, toute privée, toutemorale, étrangère aux rancunes des partis, ne fut pas courue autant queles fêtes de Robespierre , selon la remarque faite au Champ-de-Mars par untémoin oculaire.

Le peuple, certainement, ne possédait déjà plus l’enthousiasme républi-cain, devenu le partage d’une minorité impuissante. Lorsque , les 27 et 28juillet, correspondant aux 9 et 10 thermidor, on fêta la chute de Robespierre ,il ne se laissa pas aller à la joie, il n’y prit que du plaisir Cette fête avaitbien moins de signification que celles dont nous avons parlé plus haut. Elle

(o) Programme de la fêle de f Agriculture, pour les grandes communes qui renferment plusieurs munici-palités. (Imprimé du temps?)

{b) Collection de M. I.atcrradc.