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Tome second.
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DISCUSSIONS.

(Année 1797.

leur furent accordés de moitié avec les premiers possesseurs , et bientôt lamême église servit, de six heures du matin jusqu’à onze, aux rites catholi-ques, et depuis onze heures, aux rites des théophilanthropes. Alors l 'admi-nistration du culte philanthropique, prévint du fait la fabrique de chaque pa-roisse, à peu près en ces termes : « Nous vous prévenons , citoyens, quedécadi prochain, nous prendrons possession du temple, pour l’exercice denotre culte. Nous vous invitons, en conséquence, à faire cesser le vôtre àonze heures précises du matin, ainsi que l’exige l’arrêté du département dela Seine , dont nous vous avons donné lecture (a), »

Ce furent, dès ce moment, d’étranges cérémonies que les leurs. Des billetsimprimés étaient envoyés pour inviter les citoyens aux fêtes extraordinaires.On continuait d’emprunter des tapisseriesau patriote Palloy, qui donnait assezdans la théophilanthropie. Des officiers de paix faisaient leurs rapports surla manière dont les séances s’étaient passées, mesure qui s’étendit bientôtauxoffices des catholiques. Aux cérémonies théophilanthropiques, en effet, il ar-rivait souvent que des curieux montassent sur les autels ; et puis quelques-uns n’ôtaient pas leur chapeau ou parlaient haut, ce qui occasionnait dutrouble et des discussions.

Cependant cette co-propriété des temples religieux suscita des différends entreles Catholiques etlesThéophilanthropes. Parfois ceux-ci voulaient entrer troptôt, ou bien ceux-là donnaient les clefs trop tard. Un ordre supérieur statuaaussitôt sur le litige. Les clefs étaient remises chez le commissaire dont lajuridiction s’étendait sur la paroisse, et c’était lui qui les donnait aux ad-ministrateurs de chacun des deux cultes (b). Toutes choses furent légalement,judicieusement réglées. La fabrique catholique et l’administration théophilan-thropique, payèrent chacune leur écot, pour entretenir le temple où ellescélébraient leurs cérémonies. Dans certaines églises, les théophilanthropesavaient la jouissance du buffet d’orgue c).

Nous ajouterons que le gouvernement protégeait beaucoup ces derniers.Le ministre de la police générale leur allouait quelquefois des sommes à titred’indemnité ; mais ils n’en quêtaient pas moins pour les frais du culte.

Si les théophilanthropes eurent des enthousiastes, ils eurent aussi de rudesdétracteurs. Les catholiques détestaient autant que des païens, ceshommes, qui, pour ainsi dire, célébraient la messe en français . Une femme,à laquelle on demandait ce que des théophilanthropes allaient faire dans uneéglise, répondit : « Ce sont des chrétiens qui vont apostasier (rfj. » Leur ad-versaire politique le plus acharné était M. Jourdan, membre du Conseil desCinq-Cents , qu’on avait surnommé Jourdan-Carillon, Jourdan-les-Clochcs,

(a) Lettre manuscrite envoyée à la fabrique de Saint-Thomas d'Aqun».

{b) Extrait du registre des délil>cralions de l'administration centrale du département de la Seine.

(**} Idem.

(rf) silmanadi violet, pour l'an 171)8.