( 1798 .
MACK El CHAMPIONNET.
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le cercle de la coalition contre la France . De tons côtés, nos ennemis se le-vaient; da/is un temps donné, le liras du petit caporal devait être néces-saire au salut du pays.
.Bonaparte, qui s’ennuyait de rester en France , avait feint d’être la dupedu directoire. Pour partir plus vite, il avait même intrigué. Surveiller lescôtes d’Angleterre, c’était là une mission trop restreinte. Il avait des pressenttiments que l’Égypte lui donnerait un nouveau baptême de gloire, et qu’il enreviendrait à son aise, quand et comment il voudrait. Il surveillait les affairesde France , il se faisait des créatures dévouées des généraux et des savantsqu'il avait emmenés avec lui.
Aucun des hommes de guerre qui ne quittaient point la France , ne pou-vait, selon ses prévisions, jouer un plus grand rôle que lui, et son absence nelui serait en rien préjudiciable, au contraire.
Toutefois, en quittant l'Italie , Bonaparte avait laissé à ses successeurs unebelle carrière à parcourir. Si l’Autriche , si l’Angleterre, essayaient de tour-ner les armes du roi de Naples contre les Français , en revanche, les popula-tions de l’Italie septentrionale s’étaient jointes à eux, et voulaient porter lapropagande chez leurs frères du Midi. L’excès même des rigueurs de la reineCaroline , à l’instigation de laquelle le consul-général de France avait été in-sulté, préparait les esprits à la rébellion, et donnait belle cause à nos géné-raux. Mack, commandant les Autrichiens, vint organiser l’armée napolitaine ;mais Mack était un triste héros, ainsi que nous allons le voir. Ayant pouradversaire un homme tel que Championne!, (a) ses menaces ressemblaient àde la forfanterie. Il ne s’en fit pas faute : le langage d’un bravache et celuid’un héros sont parfois les mêmes ; la différence n'est que dans la manière deles soutenir. Mack ordonna à l’armée française de quitter ses postes avancés,de vider la république romaine. Chainpionnet invoqua la loi des traités , maisson adversaire annonça aussitôt qu’il considérait cette réponse comme unedéclaration de guerre. Les hostilités recommencèrent vigoureusement. LesFrançais , surpris par une agression aussi brusque, eurent d’aiord le des-sous , puis reprirent une offensive glorieuse. Cette campagne coûta la vie àdouze mille Napolitains. Plus, les Français leur prirent quatre-vingt dix-neufpièces de canons, vingt-et-un drapeaux et trois mille chevaux. L’armée en-nemie fut mise en complète déroute. Le roi, sa famille et ses créatures se ré-fugièrent en Sicile .
Des caricatures françaises s’attaquèrent au valeureux général Mack, lequelavait pris la fuite dans la déroute. Elles I appelèrent Achille aux pieds légers,et firent ainsi le portrait équestre du lieutenant du général Saint-Janvier j b).