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Tome second.
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PREMIERE EXPOSITION DE L IMJLSTRIE.

1798 .

madversion publique , tant à cause de ses orgies et de ses prodigalités , quepour ses mines démocratiques, lui vicomte, et né d'une famille si anciennequ’on disait proverbialement, dans son pays : « A oble comme les liarras, aussianciens que les rochers de Provence , » lui, frère d’un émigré appartenant àl’armée de Condé. Comme tous les hommes à double face, il était doublementaccusé. Les républicains voyaient en lui un aristocrate, et les royalistes unroi bourreau, ayant pour sceau une guillotine.

Bonaparte aussi fait peur aux directeurs, quand ils songent à ceci, que sonfrère Lucien est au nombre des nouveaux députés. Comment ! ils l’ont envoyéen Egypte pour le perdre, et il n’a pas encore été enseveli sous les sables dudésert ! Barras, qui l’a protégé autrefois , se dépêche d’assouvir sa propre am-bition.

En résumé, le directoire est divisé , mais a su se concilier un peu les deuxconseils. La guerre est pour lui une source de douleurs. 11 lui faut des géné-raux habiles pour faire face à la coalition , eh bien ! il préfère essayer de lavoie des négociations, plutôt que de laisser carte blanche à Moreau, à Berna-dotleou à Bonaparte .

Bans le public, on ne cesse de le bafl'ouer. Il s’en rit, et agit en despote. Lesfonctionnaires du gouvernement actuel sont au moins aussi soupçonneux queceux des hommes de la terreur. Les visites domiciliaires sont fréquentes. Lescitoyens, afin de circuler librement, doivent toujours avoir leur robe nuptiale(leur passeport ou leur carte de sûreté) («). Cette mesure, prise en apparencepour échapper aux conspirations des émigrés ou aux brigands de royal ear-nage (b), par exemple, sert mieux encore à l’inquisition de Sa/an-Merlin.

Les Parisiens s’endorment dans les fêtes. Elles se ressemblent toutes ; deuxseulement, pendant l’année 1798, méritent notre attention, à cause de la ré-volution qu’elles opérèrent dans l’industrie et dans les arts ; ce sont celle de laFondation de la république, et celle de la Liberté ou du 10 août.

A la première, François de Neufchâteau , de directeur devenu ministre,mit à exécution une idée fort heureuse et en même temps fort utile à laFrance. Par ses soins, au Champ-de-Mars , à l’ouest de l’autel de la patrie,fut bâti, d’une façon féerique, une sorte de quartier percé de rues, et plein deconstructions avec boutiques et magasins. C’était une exposition des produitsde l’industrie française . On avait fait appel aux principaux manufacturiers aupays, en piquant leur amour-propre, en excitant leur émulation. La veille dela lête, François de Neufchâteau se rendit à la foire, — comme on appelad’abord cette exposition, — accompagné du jury des arts, de magistrats etde savants, et prononça un discours commençant en ces termes : « Ils ne sontplus ces temps malheureux où l’industrie, enchaînée, osait à peine produire

(a) Mémorial de la révolution française , etc.

W Nom donné à une bande d’assassins qui pillaient le département d'Ile-et-Vilaine .