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Tome second.
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( 1798 .)

SOI» LE DIRECTOIRE.

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été fait prisonnier avec la moitié de ses soldats. Nous avions établi la cons-cription militaire («), et nous avions opéré une levée de deux cents m.lleconscrits.

Voilà quels furent les événements militaires qui ont signalé l’année 1798.Examinons maintenant les actes politiques et la situation du directoire vis-à-vis de cet embrasement général qui menace l'Europe . Dorénavant, — puis-que l’aspect des choses est changé, — nous aurons à nous occuper, en poli-tique , non pas de la lutte des patriotes contre les aristocrates, non pas de. lalutte d’un principe contre un autre principe, mais seulement de la querellede Bonaparte avec le directoire. Le petit caporal ramenant toutes choses àlui, l’histoire devient individuelle. Le moment arrivera aussi où nous verronscomment les Français s’arrangent de son ambition; comment, après avoirperdu l'énergie sous le directoire, à force de rire, ils se sont livrés à Bona-parte , éblouis par les rayons de sa gloire.

Tranquilles après le départ de Bonaparte pour l’Égypte , les directeurs nepensèrent plus à lui. Treilhard avait succédé, dans la chaise directoriale , àFrançois de Neufchâteau . Lorsque vint l’époque des élections de quatre centstrente-sept députés au corps législatif, le gouvernement comprit que son in-fluence était pour ainsi dire nulle. Les choix s'étaient fixés, en général, surdes démocrates. Il en prit de l’ombrage, et annula en grande partie les élec-tions, en déclarant qu’il y en aurait de nouvelles en l’an VIL

La démocratie faisait peur au directoire, —autorité bâtarde et provisoire,sorte de pont jeté entre 93 et 180 i. Les hommes à principes véritables le dé-testaient sans mesure, et n’étaient pas dupes de ses faux semblants républi-cains ; de son serment prêté le jour de l’anniversaire de la mort de Louis XVI ,dans le temple de la Victoire (Saint-Sulpice); des missions importantes qu’ilconfiait aux généraux patriotes; de sa proclamation aux Français à propos desassemblées primaires, laquelle dit en substance : ni royauté, ni dictature,mais la liberté et la république; de sa célébration de la fête de la souverai-neté du peuple ; de la manière dont il honore la journée du 10 août (b), enayant soin de mettre en regard celle du 18 fructidor, pour laquelle une fête aété instituée, etc., etc.

Car il est certain, au contraire, que la haine du directoire s’étend avecpassion sur les derniers des jacobins, et veuttout fructidoriser, même les paysétrangers qui s’allient à la France . Les conseils, d’accord sur ce point avec lui,exigent la célébration des décadis , « portant ainsi atteinte à la liberté indivi-duelle , » selon l’opinion de Lucien Bonaparte ^ et cherchent à assimiler lescondamnés en vertu des lois des 19 et 22 fructidor an V aux émigrés.

Barras surtout, Barras , le grand homme du directoire, est en butte à l’ani-

(а) Moniteur universel, n. 353 (année 1798).

(б) tn peu plus bas, nous donnerons les détails de celte fête , remarquable à cause des monuments artistiques apportés d’Italie .