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Tome second.
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( 1799 .)

PORTRAIT DE SUWAROW .

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lage et à la mort. Il a détruit tous les remparts et fait périr tout ce qui s’ytrouvait. 11 se trouva à Jaffa environ cinq mille hommes des troupes deDiésar; il les a tous détruits. »

A la bataille d’Aboukir, avec neuf mille combattants , il a culbuté dixmille Turcs, à l’endroit même où, une année auparavant, la Hotte républi-caine avait été détruite. 11 a repris le fort d’Aboukir , en exterminant les cinqmille Turcs (pii s’y sont réfugiés.

Un soldat qui a des ruses politiques aussi adroites! — Un homme poli-tique qui marche en croupe de la victoire! Que va-t-il faire? est-ce qu’ilrestera dans son exil? repassera-t-il la .Méditerranée? voudra-1-il s’occuperdes affaires de France ?

L’Égypte , d’ailleurs, n’offre plus au vainqueur des Pyramides l'attraitqu’elle lui avait offert dans les premiers temps. On y avait improvisé une civi-lisation, dont les peuples n’avaient pu comprendre les bienfaits. Des révoltessc succédèrent, et Bonaparte craignit de voir s’éclipser sa gloire. Il n’avaitplus rien à faire en Orient. En Europe, en France , c’était autre chose. Aussibien avait-il reçu de France un message ainsi conçu : « Les efforts extraor-dinaires , citoyen général, que l’Autriche et la Russie viennent de déployer,la tournure sérieuse et presque alarmante que la guerre a prise, exigent (piela république concentre ses forces. Le directoire vient, en conséquence, d’or-donner à l’amiral commandant la (lotte française, d’employer tous les movensqui sont en son pouvoir pour se rendre maître de la Méditerranée, et pour seporter en Égypte , à Ve/Jet d’en ramener l'armée que vous commandez. 11 estchargé de s’entendre avec vous sur les moyens à prendre pour l’embarque-ment et le transport. Vous jugerez, citoyen général, si vous pouvez, avec sé -curité, laisser en Égypte une partie de vos forces, et le directoire vous auto-rise, dans ce cas, à en confier le commandement à qui vous jugerez convenable.Le Directoire vous verrait avec plaisir à la tête des armées républicaines, quevous avez jusqu'à présent si glorieusement commandées. » (</) — On allaitau-devant des vœux de Bonaparte .

La tournure sérieuse et presque alarmante que la guerre a prise, dit le mes-sage. Le 15 août, le général Suwarow gagna la bataille de Novi sur le généralJoubert. La perte des Français pouvait être évaluée]à vingt mille hommes.C’était peut-être à tort qu’on plaisantait sur le général russe, dont on traçaainsi le portrait :

Vous qui riez de Suwarow ,Savez-vous que sa seigneurieSe drape, des pieds jusqu’au cou .Avec la peau d’un loup-yarou

(</) Lettre écrite par Barras, Larévcillère et Treilhard