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Tome second.
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(1799.)

1 '|8 DÉBARQUEMENT A hiéjis.

Ou» ravagea la Silx'-rie ?

Ou’un grand saini Nicolas d’atgemKsi plaqué sur sa draperie ,

Où s’agitent, au gré du vent,

De* chapelets et des médailles,

Des ordres, des croix , des dgnus,

Valant au moins des OremttsPour forcer le gain des batailles ?

N ous qui riez, connaissez-vous«Son bonnet dit à Y invincible?

Plumes de paons et de hiboux.

Sonnettes au tin tin horrible.

Têtes de morts, affreux bijoux,

L’ornent avec un art terrible 7Kl sa taille ? elle en est risible :

On ne lui va pas au genou.

Sa complexion est si forteOue jamais rien ne lui fait mal ;

Aujourd'hui, son cheval le porte,

Demain, il porte son cheval, etc. (a)

Il avait été question de déclarer la patrie en danger.

Bonaparte ne se fit pas dire deux fois de revenir, qu’on nous pardonnecette expression. 11 nomma Kléber commandant en chef de l’armée d’Égypteà sa place, et annonça soudainement son départ à l’armée, par cette procla-mation : «. Soldats! des nouvelles d’Europe m’ont décidé à partir pour laFrance ; je laisse le commandement de l’armée à Kléber; l’armée aura bien-tôt de mes nouvelles. Je ne puis en dire davantage ; il m’en coûte de quitterdes soldats auxquels je suis le plus attaché; mais ce ne sera que momentané-ment, et le général que je vous laisse a la confiance du gouvernement et lamienne.« Berthier, Murat, Lannes, Marmont , Andréossy ; les savants Denon,Monge, etBerthollet, partaient avec lui.

A sa dernière proclamation à l’armée d’Égypte , on peut donner deux sens,l’un et l’autre également admissibles. D'une part, il semble aller en Europe pour y accomplir quelque dessein fort important; de l’autre, il promet de re-venir commander ses soldats bien-aimés. Les intentions de Bonaparte , danscette circonstance, sont toujours restées mystérieuses et problématiques.

Toujours est-il qu’il traversa la Méditerranée au milieu des vaisseaux en-nemis. Quand il débarqua à Fréjus , nos armées avaient repris l’avantage; legénéral Brune avait gagné les batailles de Berghen et de Kastricon ; Le-courbe avait repoussé Suwarow, qui voulait passer le Saint-Gothard pourvenir en France :

Par trop d'emportement, sujet à se méprendre,Suwarow vers Paris suivait son chemin droit ;

Mais battu près Glaris , chacun, en cet endroit,

Lui dit : c’était Lecourbe, ami, qu’il fallait prendre.

(«) Pièce satirique de Pons de Verdun, et qui fut fort en vogue.