(1800.)
I.E JONOI.EUI I-1TT.
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Sur deux cents journaux qui s’imprimaient al( rs, treize seulement lurentconservés.
11 fit présenter au corps législatif une loi modifiant la division du territoire,et établissant des préfectures, pour extirper les derniers vestiges des institu-tions républicaines, et pour donner au pouvoir plus de centralisation, commeaussi la haute main sur les moindres parties de l’adminislration (a). En unmois, tout cela fut organisé. De plus, il fut créé un tribunal de première in-stance par arrondissement, un tribunal criminel par département, et vingt-neuf tribunaux d’appel. Les avoués reparurent. On revenait presque com-plètement aux anciens jours. La confiance se rétablissait, et chacuncomptait sur la ferme volonté du chef du gouvernement. Avec le crédit,renaissant à vue d’œil, le taux des rentes s’élevait à la bourse : de 6 francsle tiers-consolidé était monté à 2i. La constitution de l’an VIH avait été ac-ceptée par un immense vote populaire. Sur 3,012,569 votants, 3,011,007avaient voté pour; 1,562 seulement avaient voté contre. Peut-être celaétait-il un essai tenté par le premier consul, pour savoir comment les espritsétaient disposés à son égard. Il eut lieu d’être satisfait, et un arrêté du gou-vernement établit une fête nationale, destinée à consacrer le souvenir decette solennité, et à entretenir l’union parmi les Français .
Au carnaval, les hommes masqués coururent de nouveau dans les rues.Pendant la semaine sainte, la promenade de Longchamps, abandonnée, enquelque sorte, pendant plusieurs années, fut assez suivie, malgré la pluie etle vent.
Confiance, crédit et prospérité, vont ensemble. Aussi, la guerre venaitsans donner de sérieuses inquiétudes. Les coalisés étaient assez indécis. Tan-tôt ils recevaient l’ordre de rentrer dans leurs états ; tantôt on leur enjoignaitde séjourner en Allemagne . Des caricatures, — l’esprit de plaisanterie estinépuisable chez nous, — circulèrent à ce propos. Nous en indiquerons deuxici. L’une démontra la versatilité des empereurs d’Allemagne et de Russie .Paul I‘ r tenait dans chaque main un papier, avec ces mots : Ordre, contrt-ordre. Sur le front de François II , on lisait : Tout cela fait des ordres (61.L’autre représenta le jongleur Pût soutenant, avec une loterie, l’équilibre det Angleterre et les subsides de la coalition (c).
Le premier consul s’apprêta à conquérir la paix, en personne, ce qui portale tribun Girardin à s’écrier : « Quand Bonaparte promet de marcher à la têtede nos armées, pourrions-nous craindre les revers? Des revers et Bonaparte !Ces deux mots s’étonnent de se trouver sur la même ligne... » Une foule dpvolontaires s’enrôla sous les drapeaux, après avoir lu cette proclamation ;
(«) Projet de loi proposé Je 18 pluviôse, et précédé d’un discours de Kœderer.
[b) Cette caricature est extrêmement rare, et peu de collectionneurs la possèdent.■'/.•) (Collection de M. Matirin.