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Tome second.
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LE GENERAL MOREAU .

1800 .)

devait l’aller tuer à la Malmaison ; que des hommes obscurs, conduits par untanneur, organisèrent un complot. Mais Fouché, dont on disait :

Son regard pénétrant lit jusqu'au fond de l'âme, (a)

avait su mettre obstacle à leurs différents projets.

Une quatrième conspiration arriva néanmoins à son terme. Un sculpteur,nommé Céracchi, et Diana, tous deux Romains d’origine, le peintre Topino-Lebrun, Aréna, frère d’un homme qui s’était opposé aux vœux de Bonaparte ,le 18 brumaire, Demerville, ami, parent même du terroriste Barrère, essayè-rent de poignarder Bonaparte à l’Opéra, le 10 octobre 1800. On donnait l’o-péra des Horaces. Les conjurés furent arrêtés dans les couloirs.

Le sénat, le tribunat, et les autorités se rendirent aux Tuileries pour com-plimenter Bonaparte d’avoir échappé au danger. Celui-ci, qui n’aimait pas àparaître le but de conspirations, répondit tout simplement au tribunat qu’iln’avait point couru de danger, « ayant avec lui un piquet de cette bonnegarde... dont les misérables n’auraient pu supporter les regards (b). »

Quelques jours après, un ouvrier d’artillerie de Meudon imaginait unemachine infernale, dont il ne se servit pas, épouvanté par l’essai qu’il en avaitfait lui-même.

Pendant ce temps, la troisième session du corps-législatif s’ouvrait (c); leconseiller d’état Régnier porta la parole et exposa la situation florissante dela république, la prospérité des arts et de l’industrie, l’extension du commercefrançais , l’habileté et la bonne foi des administrateurs et des magistrats choi-sis par les consuls, les travaux à faire pour décréter un Code civil et un Codede procédure civile, le bon état des finances, et surtout l’attitude de nos ar-mées, maîtresses des deux rives du Danube et du Pô, des bords de l’Adriati-que et de la Toscane .

52,099 individus avaient été rayés de la liste des émigrés, et on avaitétabli des bureaux de pesage, mesure et jaugeage public, ainsi que le tiragede la loterie trois fois par mois, au lieu de deux.

Les hostilités qui avaient recommencé avec l’Autriche (<f), procurèrent unegloire nouvelle à Moreau . A Holenlinden, assisté de Nev, Richepanse, Des-solles, Decaen, d’Hautpoultet Grouchy, il avait supporté le feu des ennemispendant dix heures consécutives, et leur avait tué six mille hommes, fait dixmille prisonniers, enlevé quatre-vingts pièces de canon.

Hohenlinden était Marengo pour Moreau.

Bonaparte , aussitôt, devint jaloux de cette gloire étonnante qui s’élevait

(a) Collection de M. Maurin.

(b) Moniteur universel.

(c) Le 22 novembre.

(J) ? décembre.