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Tome second.
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OUTRAGES A LA RÉVOLUTION.

( 1799 - 1800 .)

On apprenait par cœur ce petit catéchisme révolutionnaire :

Demande: Quel est le but d’une révolution?

Réponse : De détruire pour changer, et de changer pour détruire.

R- — Combien comple-t-on d’éléments révolutionnaires?

R- — Quatre; le déficit, la disette, l’audace et la peur.

R- — Combien y a-t il de vertus révolutionnaires ?

R■ — Deux; le pillage et l’assassinat.

D. — A qui profitent les révolutions?

R. — Aux fripons et aux ambitieux.

D- —Que fait le peuple dans une révolution?

R. — Il change de maître.

D. — Que font les honnêtes gens dans une révolution ?

R. — Une triste figure.

D. — Pourquoi cela ?

R- — Parce qu’en s’en mêlant ou ne s’en mêlant pas, ils en sont toujoursles victimes.

D. — Par quelle raison?

R • — Par la raison que tous les moyens sont bons pour le crime qui atta-que, et ne le sont pas pour la vertu qui se défend.

D. — Comment finit une révolution?

R- — Par l’excès du mal, par l’aveuglement des chefs, et par le réveil dupeuple (a).

Avec l’esprit de réaction générale qui se laissait apercevoir partout, lesprincipes les plus sacrés de la révolution étaient foulés aux pieds. Les parti-culiers, ayant été, par une loi, obligés d’inscrire dans leurs études, leursbureaux, leurs comptoirs, ces mots : Ici on s’honore du titre de citoyen, uncafetier ajouta à l’inscription, et l’on fume; un boucher, dit-on, ajouta, lui,et l'on égorge. Les citoyens étaient invités à proscrire le nom de monsieurdans leurs réunions privées. Le gouvernement directorial ou consulaire ne sepréoccupait plus que des mots, afin de sauver les apparences. Ne voyait-onpas sur toutes les monnaies, sur toutes les médailles, sur toutes les têtes delettres officielles, sur toutes les proclamations, etc., la phrase sacramentelle.République française?

Après l’anniversaire du 21 janvier, en 1800, il avait été décidé qu’on ne re-connaîtrait plus « un usage immoral et injurieux à la cendre des morts; »que le serment de haine à la royauté serait aboli, « tout serment de haineétant contraire au bon sens. » — Mesures prises par le premier consul pourassurer les voies au futur empereur. Les journaux maintenus appelaient Bo-naparte le sauveur de la république.

Du directoire au consulat, la transformation ne fut pas ostensiblementtrès-complète. Seulement, Bonaparte mit à profit les futilités devenues à l’or-

(a) Petit cathéchisme révolutionnaire. iBrochuiedu temps.'