Band 
Tome second.
Seite
210
JPEG-Download
 

210

I.E VIN ET I.E POUVOIR.

(Février 1802.)

pendant son séjour au milieu d'eux. Cette écharpe était en soie écarlate, lebas orné d’une frange et d’une broderie en argent, de goût étrusque; on ylisait :

ÉCHARPE DE DISTINCTION DONNEE PAR LE PREMIER CONSUL AU C....,MAIRE DE LYON , LE 7 PLU 3SE AN X.

C’est ainsi que Bonaparte récompensait ses sujets, — ce mot avait étéécrit dans le traité entre la France et la Russie . Tout le monde se proster-

nait devant lui, et lorsqu’il revint à Paris , le corps-législatif et le tribunat

qui avaient eu des velléités d’opposition , ne l’en allèrent pas moins compli-menter sur l’heureuse organisation de la république italienne.

Le maître répondit à la députation du corps-législatif: « Il était de la gloireet de l’intérêt de la France, d’assurer pour toujours le sort d'une République qu’elle a créée.

« J’espère que sa constitution et ses nouveaux magistrats, feront son reposet son bonheur. Ce bonheur et ce repos ne seront point étrangers au nôtre.Notre prospérité ne peut désormais être séparée de la prospérité des peuplesqui nous environnent.

« J’ai recueilli dans mon voyage la plus douce récompense des efforts quej’ai faits pour la patrie. J’ai recueilli surtout l’expression libre et franche del'opinion publique, dans l’abandon de la confiance particulière, dans le simplelangage du commerçant, du manufacturier, du cultivateur, tous demandentque le gouvernement soit fidèle aux principes qu’il a développés. C’est de làqu’ils attendent leur bonheur.

« J’étais déjà plein de reconnaissance pour les marques d’intérêt dontla Nation a honoré mes premiers efforts. Je reviens pénétré de sentimentsencore plus profonds. Le sacrifice de toute mon existence, ne saurait payerles émotions que j’ai senties. J’en éprouve une bien plus douce en vous voyantassocier votre vœu au vœu de la nation! »

De fait, en acceptant la présidence de la République italienne, Bonaparte avait agrandi le cercle de sa puissance. Les gens qui l’accusaient d'ambitionétaient au moins fondés en raison. A propos de cet acte vraiment extraordi-naire, on publia la pièce de .vers suivante, qui, sous le voile de l’allégorie,traçait assez exactement le caractère du premier consul:

Comparaison du vin et du pouvoir (a).

Entre le pouvoir et le vinJe trouve maint rapport sensible :

Tous deux, on le nierait en vain,

Pour les trois quarts du genre humain,

(a) Imprimé du temps.