COMITÉ SECRET.
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On! un attrait irrésistible.
Quelquefois un effet terrible.
Tous detu dévoilent, à la fin,
Le cœur, l’esprit, le caractère.Prouvent que tel faisaitle fin.
Et que tel autre était sincère.
Dans le vase qui les contient,
On doit craindre qu’ils ne fermentent.On doit craindre qu’ils ne s’éventent.C’est un double mal qu’on prévient.Mais il n’est peine qui n’y serve,
Mais il y faut beaucoup de soins ,
Un rien de plus, un rien de moinsVous les gâte ou vous les conserve ;Par le bien ou le mal qu’ils font,
Il est aisé de reconnaîtreCe qu’ils ne sont pas, ce qu’ils sont,Naturels, comme ils doivent l’étre,lis vous donnent de la bonté,
De l’esprit et de la gaîté ,
Vous vous sentez heureux de vivre ,Tout vin, tout pouvoir frelatéVous rend méchant, triste, hébété,
Ou vous endort, ou vous enivre.
Au reste, plus le premier consul aspirait à monter , plus les mécontentsaspiraient à le renverser. L’Angleterre, dont on pouvait suspecter la bonnefoi, n’était sans doute pas étrangère aux petits complots qui se tramaient detoutes parts. Pendantl’hiver de 1800-1801, les Anglais avaient afflué à Paris .11 existait dans cette capitale un comité secret composé, dit-on, de trois membres.11 datait des premiers temps de la révolution. D’autres menées sourdesétaient en grande partie fomentées et entretenues par des femmes de haut pa-rage..Madame de Champcenet, madame Damas, épouse d’un émigré,le littéra-teur La Harpe, et l’abbé Sicard (a), l’instituteur des sourds-muets, essayaientde corrompre — politiquement — l’esprit public. Lesdeux premières étaientde belles dames , qui en voulaient à l’heureuse étoile du parvenu Buonaparte .La Harpe et l’abbé Sicard, n’avaient jamais su au juste quelle était leur opi-nion politique. Us avaient été froissés par tous les systèmes, et il n’en étaitaucun au sein duquel ils eussent pu définitivement se réfugier. La révolution,en passant sur ces hommes, ressemblait au vent de la tempête qui casse lesbranches des arbustes, sans les déraciner. Us avaient souffert, mais ils n’é-taient pas morts.
Madame de Champcenet fut exilée en Batavie ; madame Damas fut exiléedu territoire français ; La Harpe fut forcé de s’éloigner à vingt-cinq lieues
(a) Nous donnons un autographe de l’abbé Sicard , dont la vie a été malheureusement trop agitée . etdont la mission charitable a été trop souvent interrompue.