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Tome second.
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CÉRÉMONIE A NOTRE DAME.

(Avril 1802.)

dissensions, vos malheurs et vos fautes; que cette religion , qui vous unit,vous attache tous par les mêmes nœuds, par des nœuds indissolubles, auxintérêts de la patrie!.

« Déployez pour elle tout ce que votre ministère vous donne de force etd'ascendant sur les esprits; que vos leçons et vos bons exemples formentles jeunes citoyens à l’amour de nos institutions , au respect et à l’attache-ment pour les autorités tutélaires qui ont été créées pour les protéger;qu’ils apprennent de vous que le Dieu de la paix est aussi le Dieu des armées,et qu'il combat avec ceux qui défendent l’indépendance et la liberté de laFrance !

« Citoyens qui professez lesreligions protestantes, la loi a également étendusur vous sa sollicitude. Que cette morale commune à tous les chrétiens, cettemorale si sainte, si pure, si fraternelle, les unisse tous deux dans le mêmeamour pour la patrie, dans le même respect pour ses lois, dans la même af-fection pour tous les membres de la grande famille !

« Que jamais des combats de doctrines n’altèrent ces sentiments, que lareligion inspire et commande!

« Français , soyons tous amis pour le bonheur de la patrie et pour le bon-heur de l’humanité ! Que cette religion qui a civilisé l’Europe soit encore lelien qui en rapproche les habitants , et que les vertus qu’elle exige, soienttoujours associées aux lumières qui nous éclairent [a) » !

11 est certain que le concordat méritait l’approbation générale; il est cer-tain aussi que la masse des citoyens n’y vit qu’un acte de pouvoir. Ce faitn’est pas à l’avantage des Français d’alors , et il est pour le moins étrange ,sinon impardonnable, que la population parisienne ait montré très-peu d’em-pressement à célébrer la solennité religieuse qui eut lieu à Notre-Dame lejour de la proclamation.

Les consuls se rendirent à l’église métropolitaine, et y furent reçus par lesarchevêques de Paris, de Malines, de Tours.de Besançon , de Toulouse , deRouen, et par dix-neuf évêques. Les membres du Sénat , du tribunat, ducorps-législatif, du conseil-d’état, les ministres, l’état-major, en un mot toutesles autorités civiles, militaires et judiciaires, assistèrent à une messe bassequi fut dite par le légat du pape. Après l’évangile, les princes de l’égliseprêtèrent entre les mains du premier consul le serment civil exigé par leconcordat, puis le cardinal- Caprara, légat à lalere entonna le Te Deum , quifut exécuté à grand orchestre. On chanta Domine saloain fac rempublicam,salvos fac consulcs (b).

« Cette solennité, — dit l’archevêque de Tours , — consommait la-récon-ciliation de la France avec l’Europe, et de la France avec elle-même (c). »

(a) Imprimé du temps.

(t) Moniteur universel.

(c) Discours prononcé devant Bonaparte , à son entrée dans la cathédrale.