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Tome second.
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(Avril 1802.)

SEHMENT DES ÉVÊQUES.

21 J

Prétendre que le premier consul voulût principalement servir la cause dela religion par le concordat, serait peut-être aller trop loin. 11 faut y trou-ver des motifs politiques. Bonaparte, entendant la messe à Notre-Dame ,ressemble beaucoup, selon nous, à ces chefs de famille, dont la croyanceest plus que tiède, mais qui vont à l’office pour donner bon exemple à leursenfants.

Toujours est-il qu’on parla longtemps de la cérémonie, de la proclama-tion, et de la messe basse de Notre-Dame . Une gravure de maître, retraçala Prestationdu serment du clergé de France entre les mains du premier consulBonaparte (a).

Beaucoup de personnes religieuses, charmées de cet acte qui comblaitleurs désirs, se rallièrent au héros.

On représenta le Triomphe de la Religion en France, sur l’athéisme révo-lutionnaire, et la.croix du Christ soutenue par l'épée de Bonaparte , avec cettephrase au bas : « Le 28 germinal an X, de la République française (18 avril1802, vieux style), jour de Pâques, par le bras triomphant de NapoléonBonaparte, premier consul de France , la religion sort de l’abîme où l’a-vaient plongée les impies et les athées; le cardinal Caprara , légat à latere ,près le gouvernement Français , célébra la messe en l’église cathédrale de Pa^ris, sous l’invocation de Notre-Dame , à laquelle assistèrent les trois consuls,le corps législatif, et toutes les autorités constituées (b). »

Dans le public courut un sonnet à la louange de Bonaparte ; il se termi-nait par ces trois vers : •

11 remet dans la France un accord solennel,

Fait la paix«au dehors avec toute la terre,

Et la porte en triomphe aux pieds de l’éternel (c).

Les mécontents dirent qu’il s’agissait là d’une capucinade. Le mot étaitadopté.

Cependant le serment que les évêques, d’après le concordat, devaient prê-ter en entrant en fonctions rassurait généralement les esprits. Le voici : «Jejure et promets à Dieu, sur les saints Evangiles , de garder obéissance et fi-délité au gouvernement établi par la Constitution de la République française.Je promets aussi de n’avoir aucune intelligence, de n’assister à aucunconseil, de n’entretenir aucune ligue, soit au dedans, soit au dehors, qui soitcontraire à la tranquillité publique ; et si, dans mon diocèse ou ailleurs, j’ap-prends qu’il se trame quelque chose au préjudice de l'État, je le ferai savoirau gouvernement {d). »

(a) Cabinet de M. Mauriu.

{b) Collection de M. Latcrrade.

(c) Le sonnet était du citoyen C. Noël.

(</) Art. 6 du concordat de 1801.