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uacte et petite littérature. (Années 1801-2.)
Mais, — ainsi qu’il appert du compte-rendu rapporté plus haut, — la lit-térature proprement dite l’emporte encore par son développement, par lenombre et la variété de ses produits,
La haute littérature est militante, comme d’ordinaire. On lit les Remar-ques, Pense'es et Observations, ouvrage posthume de Voltaire; — On litle Génie du Christianisme , par Châteaubriand . Ce dernier ouvrage,-que leconcordat rend de circonstance, émeut de grandes passions, des éloges exces-sifs, des critiques acerbes. Le Journal du Commerce plaisante sur ce livre,parce qu’il a vu, dit-il, dans le Journal de Paris, à l’occasion du pathos de Châ-teaubriand , que la religion « est un traité de commerce entre le ciel et laterre (a). » —Ainsi, les critiques du Génie méconnaissaient toute une face dutalent de ce grand écrivain.
La petite littérature abondait. Cent vingt-huit romans publiés pendant lessix premiers mois de l’an X 1 quelle fécondité ! quel luxe d’imagination ! Nonpas, au reste, que nous classions forcément les romans dans la petite littéra-ture; mais ceux du directoire et du consulat s’y trouvent, à quelques raresexceptions près.
Le cousin Jacques a toujours un grand nombre de lecteurs , ainsi que tousles faiseurs de madrigaux, d’anagrammes, de dithyrambes, etc. Paris s’occupependant un mois entier d’une énigme proposée par un nommé Lucet. La my-thologie est en vénération. Mars, Vénus, Minerve, Junon et tous leurs com-pagnons et toutes leurs compagnes, embellissent les recueils de vers ou deprose. Quelques auteurs publient des hymnes en latin, des espèces de TeDeum . *
Les pièces de théâtre qui osent prendre une figure politique, ne font quecélébrer les actes du gouvernement : le censeur est un bourreau littéraire quitue de près, et de loin fait peur. On joue YArthémise française , ou les heureuxeffets de la paix (b). La police a défendu Edouard en Ecosse à la Comédie-Française , et Y Antichambre ou les Valets entre eux à l’Opéra-Comique, parceque ces deux pièces « paraissaient propres à réveiller quelques idées contrairesà la tranquillité publique (c). »
On joue la Petite ville, M. du Haut-cours, ou le Contrat d’union, par Picard;Helvétius , ou la Vengeance d’un sage, par Andrieux ; le Premier venu, et leCongé ou la Fête du vieux soldat, par Vial; Sophie ou le Malade qui se portebien, par Emmanuel Dupaty , etc.
Les opéras-comiques ont la vogue ; le public parisien devient de plus enplus dilettante.
L’Ambigu-Comique et la Gaité sont les théâtres-rois du boulevard.
(a) Almanach historique pour l’an XI.
($) Bibliothèque de M. Pixérécourt.
(c) Les journaux du temps, en annonçant cette mesure, se permettent à peine quelques réflexions.