250
(Juin 1803.)
2° Le génie de la France. 11 offre la paix à l’Univers , et représente, enmême temps, l’Ephestion de Bonaparte .
3° La Grande-Bretagne. Elle porte le costume de Sisigambis, et dépose sestrois couronnes aux pieds du vainqueur, en implorant la clémence consulairepour son fds l’infortuné John Bull .
4° John Bull , appuyé sur le whig-club. (Club signifie coterie aussi bien quegros bâton : on sait que le whig-club est une société de patriotes. M. Fox estsupposé en être le chef.)
5° On voit le pauvre John Bull écrasé d’impôts, et victime de l’incompa-rable gouvernement britannique, ou plutôt tyrannique. — 11 gémit sous lefardeau de la dette nationale, qui va au delà de six cents millions sterlings. 11a sur le dos la taxe du revenu, qui est de dix pour cent sur chaque rente, etmême sur les profits de l’industrie et du commerce. — Il est chargé d’impôtsde toute espèce. — 11 se plaint que son argent n’est que du papier, que Pittlui a pris ses culottes, et qu'Addington veut lui enlever la peau ; qu’on le forced’a’ler en mer, et que, quand il est à bord d’un navire, on le vole, et on « letraite pire qu’un forçat. » Il demande du secours contre la tyrannie du gou-verneur Aris, le cerbère de la Bastille de Londres . 11 exclame contre la sus-pension de YIlabeas Corpus, la loi martiale, la corruption du Parlement, lescachots et les barraques. — 11 finit par damner la prétendue liberté anglaise .
6° Grenadier français délivrant John Bull de ses fardeaux, par ordre dupremier consul qui ne sera pas moins généreux envers la Grande-Bretagneque ne le fut Alexandre envers Porus, — n’aimant la gloire qu’autant qu’ellepeut contribuer au bonheur du genre humain.
7° Le duc de Clarence forcé do venir demander pardon au premier consul.
8" Madame Jordan, la maîtresse de son altesse royale, «comédienne fanéeet tableau de laideur, » qui lui a fait présent de six petits arlequins, qui l’ap-pellent publiquement papa Clarence.
9‘ Lord Hawkesbury en chemin pour venir à Paris , suivant sa fameuse etridicule gasconnade.
10° M. Addington priant lord Hawkesbury de retenir un appartement auTemple pour la famille royale.
Il 0 Pitt, Grenville, Windhain, etc., et toute l’année de réserve, cachésderrière un roost-beef, c’est-à-dire une pièce de bœuf rôti (a).
Cette prétendue liberté du John Bull anglais n’était certainement pas plusillusoire que celle du Jacques Bonhomme français ;— mais, eu se moquant deson ennemie, la France fermait les yeux sur ses propres malheurs.
Un nouveau fait, à notre avantage, détermina de nouvelles caricatures, surle duc de Cambridge qui n’est pas nommé dans la scène après l'invasionque nous venons de décrire. Le général Mortier, en vertu d’une convention
(a) Cette estampe est tirée du c.iliinet de M. Maurin.