( 1799 .)
LE CONGRÈS SE DISSOUT.
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prête à combattre le prince Charles qui a été mis à la tête de l’armée autri-chienne. Heureusement toutefois pour Bonaparte , les affaires de la guerrene prenaient pas une aussi bonne tournure en Europe qu’en Egypte , et sesamis prétendaient que son absence s’y faisait péniblement sentir. En effet,une garnison française occupant Corfou , assiégée depuis quelques mois parune flotte saxo-russe, a été contrainte à capituler (a), et le prince Charles aga-gnésurle général Jourdan la bataille de Pfullendorf ; et ce dernier a été forcé àrétrograder , retraite habile sans doute, mais qui n’en a pas moins inspiré lesesprits satiriques, les hommes qui applaudissent à chaque revers éprouvépar le pays.
Jourdan ! accusé d’aimer la fuite ! c’était condamner le malheur. Le di-rectoire cependant pense qu’il est à propos de le remplacer : le directoiren’aurait-il gardé des vertus républicaines que le défaut de l’ingratitude?Masséna a succédé à Jourdan, en réunissant les deux armées de l’Helvétie etdu Danube. Jourdan est malade, dit-on alors; et il se retire à Strasbourg .
Près de Vérone encore, le général Shérer, par excès de confiance dansl’intrépidité de ses soldats, a attaqué l’armée autrichienne, double de lasienne, et a été battu, aussi bien qu’à Maguagno (b).
Nous disions donc avec raison, plus haut, que la lutte ne se soutenait paspour la France avec une supériorité prononcée.
Dans ces conjonctures, tous les esprits se tournèrent vers le congrès deRastadt . Mais « longtemps avant le 30 germinal tl9 avril), la légation fran-çaise s’apercevait que les moyens de tout genre étaient employés par les enne-mis de la paix pour opérer la dissolution du congrès, et l’on comptait effec-tivement le voir expirer insensiblement par la retraite successive de ceuxqui le composaient. » Le 13 avril, le ministre plénipotentiaire de l’Autriche quitta Rastadt , et la députation de l’empire déclara le congrès suspendu.Nos ambassadeurs se retirèrent à Strasbourg , attendant l’issue des événe-ments , et bientôt le directoire comprit qu'il n’y avait pas d’arrangementpossible avec les puissances de l’Europe . Successivement, les troupes autri-chiennes arrêtèrent les pontonniers qui passaient la correspondance diploma-tique, et firent prisonnier, malgré sa plaque et ses passeports, le courrier dela légation française.
Ces violations du droit international furent suivies d’un acte unique dansles fastes de l’Europe. Le 28 avril, les ministres français , quittant la ville deRastadt, furent assassinés par des individus revêtus d’uniformes autrichiens.Bonnier et Roberjot succombèrent; Jean Debry seul échappa à la mort. Cetacte inouï excita en France l’indignation générale. Quelques gens en firentun prétexte pour nier le patriotisme et le zèle du directoire, La masse lança
(al Le 3 mars.