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Tome second.
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FKl'K FUNÈBRE.

1799.)

1U

l’anathème sur l’Autriche , qui ne « devait plus peser sur l'humanité, (a) » Leconseil des Cinq-Cents décida que les sièges des victimes resteraient vides,qu’on mettrait à leurs places leurs costumes de représentants couverts d'uncrêpe; que les noms des ambassadeurs seraient compris dans l'appel nomi-nal ; qu’alors tout le monde , les députés et le public des tribunes, se lèveraitavec respect; que les secrétaires du conseil répondraient pour eux, et qu’en-fin le président ajouterait : Assassines au congrès de Rastadt... Que leur sangretombe sur les auteurs de l'horrible massacre!

A son tour, le directoire fit imprimer, à l'imprimerie nationale, une affichequi fut placardée dans toutes les communes de France , et qui portait en groscaractères : « Le 9 floréal an Vil, à neuf heures du soir, le gouvernementautrichien a fait assassiner, par ses troupes, les ministres de la républiquefrançaise, Bonnier, Hoberjot et Jean Debry , chargés par le directoire exécu-tif de négocier la paix au congrès de Rastad. Mort au tyran ! »

Chaque armée de terre et de mer reçut une oriflamme tricolore ayant pourinscription :

LA NATION A ÉTÉ OUTRAGÉE DANS LA PERSONNE DE SES PLENIPOTENTIAIRES ,ASSASSINÉS A RASTADT PAR LES SATELLITES DE L’AUTRICHE . VENGEANCE!

Une fête funèbre en mémoire des victimes fut célébrée dans toute laFrance. A Paris , publiquement, le président du directoire « voua à la ven-geance des peuples et à l’exécration de la postérité, les gouvernements cou-pables de l’assassinat des ministres français (b), » et les corps de musiqueexécutèrent des hymnes de guerre. A Doullens , un orateur s’écria ;

Cicux, tonnez sur l'Autriche , et foudroyez la têteDu tyran qui sur nous commande le forfait!Ministres égorgés, suscitez la tempête(Jui doit exterminer l’assassin de la paix!!

« Tyran de l’Autriche , chef d’assassins, puisse le ciel en courroux lancersur ta tète ses carreaux embrasés! Tes entrailles de fer sontinaecessiblesauxremords dévorants, mais sois livré aux furies infernales pour te déchirer.Déjà la Renommée, indignée, dénonce partout tes forfaits. Tous les peuples,nos fidèles alliés, sont debout, et, avec les républicains, je les entends crier:Guerre à l’Autriche ! Vengeance! vengeance! vengeance!

« Les cris de vengeance! poussés par l’orateur ont été chaque fois répé-tés par tous les citoyens et militaires présents, ces derniers levant lesarmes (c). »

(a) Expression de Joseph-Marie Chénier, dans son panégyrique de Boursier et de Roborjoi

(b) D'après la disposition d’une loi du 21 floréal.

(c) Procès-verbal de la fvte funéraire célébrée dans le canton de Doullens