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heureusement, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, le localaffecté jusqu’il présenta la collection ne répond point à sonimportance et a son utilité; une sorte de mutée de la géo-graphie et des voyages demanderait un vaste emplace-ment, accessible au public studieux, avec tous les dévelop-pements nécessaires pour mettre à sa portée toutes cesrichesses, tandis qu elles sont comme enfouies dans un lo-cal étroit et obscur. Rien ne serait plus avantageux auxsavants, aux voyageurs, aux personnes nombreuses qui onta consulter ces matériaux précieux, que de leur procurerdes salles d’étude convenables et dignes de l’institution etde noire grande bibliothèque nationale. Les pièces desti-nées à ses cartes et plans se prolongent sur la rue Viviennc,mais ne suffisent pas , nous le répétons , pour la riche col-lection réunie par les soins persévérants de M. Jomard ,conservateur de ce musée géographique , le plus vaste quiexiste en Europe , et qui, lors de sa création sous le minis-tère Marlignac en 1S27 , était devenu avec raison un dé-partement séparé, que des motifs d'économie mal entendusont depuis confondu avec les estampes.
Enfin, le département des médailles, le plus complet del’Europe , se prolonge sur la rue Colbert et la rue Riche-lieu. 11 fut construit en 1721. C’est un beau salon éclairépar huit croisées, dont quatre donnent sur la rue Riche-lieu, et les quatre autres sur une cour et sur la rue Col-bert, au-dessus de l'arcade. Le public entre par une portequi s’ouvre à l’extrémité de la galerie de la bibliothèque,parallèle a la rue Richelieu. Ce cabinet est ouvert aupublic les mardi et vendredi de chaque semaine, de dix àtrois heures.
La décoration de ce cabinet est faite suivant le goût del'époque; dans les trumeaux sont des médailliers portéssur des consoles surmontées de tableaux et de trophéesen relief; le haut des embrasures des croisées est orné demédaillons aussi en relief. Les grands tableaux qu’on voitaux deux extrémités du cabinet sont, à gauche en entrant,le portrait de Louis XIV ’, d’apres Rigaud, par Pellier; enface, celui de Louis XVIII , par Schetl’er. Autour de la sallesont Apollon et les Muses. Dans les embrasures des croi-sées sont huit armures françaises, la première du seizièmesiècle ; la deuxième, celle de Henri il ; la troisième, cellede Henri IV ; la quatrième, celle de Sully; la cinquième.