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mie .subvention annuelle de plus de 200,000 francs de l'É-tat et près duquel est placé un commissaire rojal. C'esta ce théâtre que le grand tragédien Talnia et l'immortellecomédienne Mars, ont élevé si haut leur art ; c est là querécemment la jeune tragédienne Rarhel a ramené le goûtdes lions modèles classiques, un moment oubliés pour lesoeuvres quelquefois monstrueuses ou obscènes du roman-tisme, heureusement aujourd'hui passé de mode, ou dumoins relégué aux boulevards Saint-Martin et du Temple,séjour des mélodrames, qui en avait ainsi doté ou infestéla Comédie Française.
L'intérieur de la salle, embelli en 1822. d'après les des-sins de Fontaine, et restauré encore depuis 1830, a été ha-bilement disposé pour contenir le plus de monde possible,et pourtant le chiffre, ainsi que nous venons de le dire, nedépasse guère celui de quinze cents spectateurs. L'avant-scène a 12 mètres f>0 centimètres d'ouverture, le théâtre23 mètres de profondeur et de largeur. 11 y a un orchestre;un parterre; des balcons; des premières et des secondesgaleries; des premières, des secondes et des troisièmesloges; et un amphithéâtre. La même distribution se re-marque généralement dans les autres théâtres, depuisles plus grands jusqu'aux plus petits. Aux grands théâtresle parterre est réservé aux hommes exclusivement ; maisdans la plupart des petits théâtres, il est souvent occupépar les femmes et les hommes ensemble : on a voulu, sansdoute, ainsi laisser aux familles des classes ouvrières, lafaculté de ne point se séparer dans leurs récréations scé-niques. Les placesd orchestre sont numérotées, et la plu-part divisées en stalles; ce sont les meilleurs endroits dela salle pour jouir du spectacle, bien qu’elles se trouventtout à fait derrière les musiciens assis dans leur orchestreproprement dit, et dont le voisinage est d’ordinaire un peuassourdissant. Le coup d'œil est plus agréable au balconet aux premières loges ou galeries, mais on y est néces-sairement moins rapproché des acteurs qu’à l'orchestre. Ily a les loges de face qui sont les plus recherchées; puis lesioges de côté, les avant-scènes, les baignoires et les cin-tres : ces dernières sont les moins chères, mais les moinsavantageuses, parce qu'elles sont près du comble, où estl'amphithéâtre, c’est-à-dire le paradis, que, dans leursthéâtres, les Anglais nomment l'enfer, et d'où se précipi-