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vembrc 1660. Louis XIV après cette insigne faveur accor-dée à Molière , le gratifia en outre d'une pension de 6,000livres, que le grand écrivain comédien eut la générosité departager avec ses camarades. Le même théâtre qui existaitvers la Cour-des-Fontaines, et qu'un incendie détruisitplus tard, vit briller les chefs-d'œuvre de Corneille , deRacine et de Molière à la fois.
A la mort de Molière , en 1673, le théâtre du Palais-Royal futdestiné au spectacle appelé opéra, et la ComédieFrançaise alla se réfugier au théâtre alors existant de larue Guénégaud, où furent données des pièces de Morit-tleuri et de Thomas Corneille , et la Phèdre de Racine . En1688, les comédiens français s'établirent dans une nou-velle salle, rue des Fossés-Saint-Germain ; et de là ilsvinrent au palais des Tuileries ; ils y étaient encore en1770. Douze ans plus tard, on élevait l 'Odéon. et la troupeen fit l’ouverture sous le titre de Théâtre-Français, qu'ildevait quitter en 1790, pour celui de Théâtre de la Na-tion. Enfin, le théâtre connu aujourd'hui sous le nom deThéâtre-Français, et qui avait été bâti en 1787, pourd’autres comédiens, fut cédé en 1799 a la Comédie Fran-çaise, et s'appela quelque temps Théâtre de la Répu-blique, puis simplement Comédie-Française.
La façade principale de ce théâtre, construit d'après lesdessins de l’architecte Louis, est sur la rue Richelieu ; elleest décorée de douze colonnes doriques : au-dessus decette ordonnance en est une autre composée d'autant depilastres corinthiens. Tout autour de cet édifice est, aurez-de-cbaussée. une galerie non interrompue. Le plan duvestibule intérieur est de forme elliptique, entourée detrois rangs de colonnes doriques, accouplées au premierrang, et isolées aux derniers; quatre escaliers agréable-ment disposés, aboutissent à ce vestibule dont le plafondest orné de sculptures. Le bâtiment, long de 55 mètres etlarge de 35 mètres, en a 33 de hauteur au sommet de laterrasse. Au centre du vestibule est une statue en marbrede Voltaire , par Houdon . La forme de la salle est ellip-tique ; il y lient environ quinze cents spectateurs. Le salonet la galerie ont des bustes en marbre des auteurs drama-tiques, depuis Rolrou qui vivait en 163i, jusqu’à An-drieui, mort en 1830. On ne joue que la tragédie et lahaute comédie, à ce théâtre modèle, qui reçoit d’ailleurs