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fraient pour la science quelque chose d'extraordinaire. Ilne faut pas croire qu elle soit seulement habitée par lesmorts : chaque jour on y voit travailler un grand nombred'ouvriers, occupés à étendre continuellcmentci s lugubresremparts que viennent alimenter les restes des quatre de-meures communes, ou champs de repos qui environnentla capitale. |,c pèlerin, anti des arts, pourrait s’y égarer,s’il n'avait un guide à ses côtés, et si le gttide lui-incmen’était dirigé par une longue ligne noire tracée sur la voûtede chaque voie qui aboutit à une issue.
Ces innombrables souterrains, qui occupent sous le solde Paris une surface de plus de OTi.tiüO mètres, sontdus, je le répète, à l'extraction de pierres de taille ou au-tres pour la construction des inaisonsnu pour d'autres usa-ges, extraction qui a commencé avec le quatorzième siècle.Ces souterrains sont situés en majeure partie sous le fau-bourg Saim-Jaeques et sur le territoire de Mont-Souris etde Genlilly. Ces exploitations de carrières, pendant plu-sieurs siècles, eurent lieu, sans surveillance, sans méthode,sans respect des propriétés, cl au gré des entrepreneurs.t.’Obscrvatoire, le. Luxembourg . l'Uuéon, le Yal-de-Grôce,le Panthéon, l’église Sainl-Sulpicc, les tues Saint-Jacques ,de la Harpe, de Tournon , de Yaugirard et autres, reposent,pour ainsi dire, sur des abîmes. Ce n'est qu'en 1776, à lasuite d'éboulcmcnls considérables, que le gouvernementfit faire une visite générale de ecs souterrains et la levéedes plans de toutes les excavations. En 1777, il créa unecompagnie d'ingénieurs, spécialement chargée de comoli-der les carrières: et dans une partie des souterrains, àl'exemple de Home, on établit, en 1786, îles catacombes ouossuaires composés de tous les ossements du cimetière desInnocents et d'autres cimetières de la capitale, que l’on vc-nnildc supprimer. Le cimetière des Innocents set vait à plusde vingt parois es de Paris ; depuis près de mille ans. lesgénérations humaines venaient successivement s'v englou-tir, et l'on estima qu'il avait dû dévorer près de bois mil-lions de cadavres. Les habitants des rues voisines des sé-pulturcsen étaient infectés, et. sur leurs plaintes léilétées,l antoiité cessa enfin de sacrifier ainsi aux morts les vi-vants. Les carrières souterraines de la plaine de Mont-Souris furent choisies pour recevoir les ossements de cevaste cimetière, et la maison de la Tombe-lsoire ou