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VII
Le palais de Fontainebleau a une (laïc très-ancienne;clic parait remonter jusqu'au temps (le Hubert, fils deIlugues-Capet, vers l'an 1010. C'est dans ce palais quesaint Louis médita si souvent sur le bonheur de la terre,tout en rêvant la gloire du ciel ; c'est la que François I ,rappela tous les arts d'Italie pour y répandre leurs prodiges;c’est là que l'auteur du Devin du Village put goûter sonpremier succès devant la cour biillanle de Louis XV , etau théâtre où Louis XIV avait accueilli les chefs-d’œuvre,lyriques des Quinault et des Lulli; c’est la enfin qu’unsouverain pontife qui avait béni le mariage de l'empereurNapoléon avec une archiduchesse d’Autriche , passa plustard des jours d’exil; et ce fut aussi dans la cour de cepalais que le plus grand capitaine du siècle prit congé de,ses braves pour se retirer dans une île, d'où il devait s'é-chapper au bout d’une année, et ressaisir la couronne im-périale pour la perdre une seconde et dernière fois dans leschamps de Waterloo. Ces souvenirs de tous les âges, de.tous les caractères, ainsi que le remarque un des historiensde celle royale demeure (1); ces voyages mystiques de nosanciens rois: tous les arts en travail pour enfanter cesbrillantes galeries, ces tableaux, ces statues, cette mo-saïque d’architecture de diverses époques; celte immenseforêt avec ses sites agrestes, ses arbres séculaires, ses tra-ditions merveilleuses; tout parle ici à l'imagination, aucœur, à la pensée; tout inspire l'ardeur de connaître enscs moindres détails, l’un des plus poétiques monumentsde la France .
Revenu de la Terre-Sainte, Philippe-Auguste , à Fon tainebleau , se défiant des menées de Richard Cœur-de- Lion , créa les gardes de son corps, et ne marcha qu'en-touré de sergents armés de masses de cuivre. Fatigué de.la guerre, il se reposa dans le palais de Fontainebleau etse livra aux plaisirs de la chasse, dans la forêt où il avait,jeune encore, essayé son courage au milieu des botes
(i) Jl. Valout, Soiwnirs historiques des Résidences royales. Pa ris , 1 83-,