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Boulogne, Auteuil et Paisj,
Le village de Boulogne , sur la rive droite et à peu dedistance do la Seine , est déjà ancien : il date de 1319, annéeoù il obtint de Philippe le Long la permission de con-struire une église. Quant à son bois, il fut dévasté en 1815par nos amis les ennemis; il est traversé aujourd'hui parl’enceinte continue des fortilicalions de la capitale. C’estau bois de Boulogne que se rendent presque tous les joursdans leurs brillants équipages les hautes classes de la so-ciété parisienne qui vont y respirer le grand air, et secouerleurs ennuis. C'est là qu'affluent les cavalcades arrivant del’avenue des Champs-Elysées par la barrière do l'Etoile etla porte Maillot. Plusieurs maisons de plaisance se remar-quent dans ce bois, entre autres, le joli château de Madrid.près de la Seine ; celui de Bagatelle, qui en est voisin, demême que celui de Longchamp ; celui de Yilliers, qui estprès de Neuilly .
A l’est de Boulogne est le village d'Auteuil, joli endroit,fameux par le séjour de Boileau , de Molière , de Chapelle,de Baron , de llacine et de La Fontaine ; poétique asile qui ainspiré ces beaux vers à M. J. Chénier :
Anteuil, lieu favori, lieu saiut pour les poètes!
Que de rivaux de gloire unis sous tes berceaux !
C’est là qu’au milieu d’eux l'élégant DespréauxLégislateur du goût, au goût toujours fidèle.
Eoseignait le bel art dont il offre un modèle ;
IA, Molière , esquissaut ses comiques portraits,
De Chrvsale ou d’Arnolphe a dessiné les traits ;
Dans la forêt ombreuse, ou le long des prairies,
La Fontaine égarait ses douces rêveries;
Là, Racine évoquait Andromaque et Pyrrhus ,
Contre Néron puissant faisait tonner llurrbus;
Peignait de Phèdre en pleurs le tragique délire.
Ces pleurs harmonieux que modulait sa lyreOnt mouillé le rivage; et de ses vers sacrésLa flamme anime encor les échos inspirés.
Le fameux chancelier d’Aguesseau eut aussi une de-