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PREFACE
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armées et leur facilite la victoire depuis Sambre-et-Meuse jusqu’au Rhin etmême au Danube .
Puis suivent à l’infini, jour par jour et partout, les tentatives de directiondes Aérostats, celte chimère éternelle et ubiquiste. C’est partout et toujours jla même irréflexion et la même ignorance ; toujours et partout, justement, Ile même insuccès. Mais cette multitude d’expériences indéfiniment répétées,où sont parfois dépensés vainement des trésors d’intelligence et d’argent,nous sont précieuses encore, puisqu’elles nous démontrent par la série sans jfin de leurs déconvenues virtuelles que l’homme doit demander sa voie par Iles airs, au principe précisément contraire à celui des aérostats.
Enfin, pour conclusion, lors de la guerre de 1870, au milieu de la plus lamen-table des défaites, l’Aérostation n’oublie pas qu’elle est la science toute fran-çaise. Rappelons-nous, pour nous consoler et reprendre espoir, les commence- iments si beaux du grand siège parisien. — Débarrassée à l’heure du danger deceux qui, après avoir amené sur nous le ruai, se sont, comme toujours, enfuis jou se taisent, la grande cité parisienne, sans gardes, sans police, les tribunauxfermés comme inutiles, donne l’exemple de l’ordre réel le plus merveilleux.
Dès avant l’aube jusqu'au soleil couché, places publiques, carrefours, boule- !vards, la ville immense tout entière est encombrée de milliers de citoyensapprentis soldats, manœuvrant sans armes encore, — il fallait bien se dé-fier de ces gens-là !•— sérieux comme le Devoir, graves comme là Foi. Par ;ces longues soirées d’hiver, Paris sans gaz, Paris , la Babvlone moderne, est !
chaste, et le religieux silence des nuits n’est coupé que par l’appel répété j
des clairons et les détonations encore lointaines du canon. Toutes revendi-cations, même les plus légitimes, celles qui saignent et demandent mercidepuis tant de siècles, se taisent. Le Quart-État, cette nouvelle et définitivepuissance de demain, cette force de jour en jour irrésistible depuis qu'elle a !pu se connaître, maîtresse souveraine à cette heure et comptant sur la justicedu lendemain, se tient pour satisfait si on lui permet seulement de répan-dre son sang pour la propriété qui n’est point sienne. On donne tout, oncroit tout, et on s'obstine à croire à tout, même aux plans déposés chez les