HISTOIRE DES BALLONS
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Lo ballon atteignit d’abord une grande hauteur, « en décrivant une ligne in-clinée à l’horizon que le vent du sud le força de prendre; » puis il s’arrêta et restaquelques instants immobile ; mais il ne pouvait pas demeurer longtemps en l’air :pendant le gonflement, une déchirure de sept pieds s’était produite au sommet del’aérostat (1), et l’évaporation du gaz ne permit pas au ballon de fournir une longuecourse; au bout de huit minutes, il descendit « avec une lenteur surprenante, on serepliant doucement sur lui-même, » dans le bois de Vaucresson , a I 700 teises dulieu de son ascension. Bien que la corde qui reliait la cage à l'aérostat se fût rompuependant la descente, les animaux étaient sains et saufs, et ces premiers voyageursaériens sortirent intacts de leur primitive nacelle. Le coq seul avait le dessus del’aile écorché, mais il était blessé avant le départ du ballon : il avait reçu un coupde pied du mouton plus d'une demi-heure avant l’ascension et en présence de plu-sieurs spectateurs v 2).
L’aérostat, lorsque les auteurs de l’expérience (3i arrivèrent auprès de lui, étaitcouché sur une pelouse ; un seul de ses côtés reposait sur un petit chêne dont il in-clinait à peine les branches supérieures.
« M. de Mongolfier, conclut avec une juste fierté Faujas de Saint-Fond quiétait l’un des plus ardents promoteurs du mouvement aérostatique et avait naturalisé
(t) « Dans l'expérience d'Annonav, la machine dont .MM. de Montgolfier firent usage s'éleva, ditFaujas de Saint-Fond, à une plus grande hauteur, puisqu'elle parvint au moins à mille toises; cepen-dant elle n'était pas à beaucoup près d'uue construction aussi régulière : il y eut donc une cause quis’opposa à l'ascension de celle-ci. Elle offrit à la vérité un superbe spectacle, mais elle ne parvint qu'à240 toises de hauteur.
« Cette cause, qui ne fut connue que de quelques personnes placées très-près de la machine, nefut pas ignorée de ceux qui la manœuvraient. Le coup de vent qui frappa sur le ballon, dans le mo-ment où il présentait à l'air une si vaste surface, obligea tous ceux qui étaient chargés d'en faire le ser-vice de le retenir avec effort; cette force jointe à celle du vent et à la tendance qu'avait la machine às'enlever, occasionnèrent deux déchirures de sept pieds d'ouverture sur son sommet et dans la partieoù les toiles avaient été cousues dans un mauvais sens. Il n'était plus temps de parer à cet accident,dans une expérience qui ne pouvait souffrir aucun retard ; l'on eut attention de développer seulementalors une plus grande masse de vapeur, et la machine n’eu partit pas moins avec rapidité, sansêtre dérangée en rien par le poids qu elle entraînait.
« Les deux ouvertures supérieures occasionnant l'évaporation du gaz, la force d'ascension dut né-cessairement s'affaiblir par le mélange de l'air atmosphérique; il en résulta pendant quelques momentsun équilibre parfait, et la machine, qui ne montait ni ne descendait alors, fut très-belle à voir, et lit,dans cet état de station, le plus grand plaisir aux spectateurs; mais à mesure que la vapeur se dissi-pait le ballon descendait lentement du côté du bois de Vaucresson , et d'une manière si tranquille, quel'on comprit alors que, si elle eût porté des hommes, ils n'auraient couru aucun danger. »
(2) « 11 faut donc absolument rejeter, s’écrie Faujas de Saint-Fond avec une véritable indignation,le récit qui annonça que le coq s'était rompu la tête. Il est fâcheux de voir les papiers publics annoncerainsi des faits sans preuve, et qui, dans des cas pareils, devraient être toujours garantis par la signaturede ceux qui les envoient. L'on a aussi assuré, dans plusieurs gazettes et journaux, qne la machine deMM. de Montgolfier avait été remplie avec de l'air inflammable, tandis que les procédés qu'on a employésont consisté simplement à faire usage de paille sèche allumée et de quelques livres de laine hachée. »
(3) Voici les dimensions exactes de cet aérostat: « Sa hauteur d une extrémité à l'autre était de37 pieds, son diamètre de 41 ; il pouvait contenir 37 500 pieds cubes; l'air déplacé pesait 3192 livres, ensupposant le poids de l'air de 784 grains le pied cube. Mais le gaz de MM. de Montgolfier étant d unepesanteur moindre de moitié que celle de l’air atmosphérique, son poids était de 1 596 livres; l'équili-bre était donc rompu de 1 596 livres, sur quoi il faut déduire le poids du ballon, celui de la cage etdu moutou, etc., 900 livres. 11 restait donc net une force de 696 livres qui aurait pu encore être en-levée. Cette belle machine, en toile de fil et de coton, était peinte eu dehors et en dedans à la détrempe ;l’on avait mêlé dans la comeur de l'intérieur de la terre d'alun, comme très-propre à résister à la plusforte chaleur. »