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Histoire des ballons et des ascensions célèbres avec une préface de Nadar : dessins de A. Tissandier ... / Alfred. Sircos et Th. Pallier
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HISTOIRE DES BALLONS

suspendue à un groupe de cinq aérostats. Une ancre fixée à lextrémité d'une lon-gue corde maintint la flottille à la même hauteur pendant quelques heures. Lesjour-naux du temps prétendentque Blanchard fit, ce jour-, un nouvel essai de direction.Quoiquil en soit, lexpérience ne donna aucun résultat; Lalande fit peu dobserva-tions et Blanchard ne découvrit certainement rien de nouveau, puisqu'il n'adressapas aux journaux la moindre lettre.

Quatre années plus tard, Blanchard faisait sa cinquante-cinquième ascension.Le temps était très-mauvais, la grêle tombait avec force, et, lorsque Blanchard at-teignit les hautes régions de latmosphère, les glaçons couvraient son ballon. Ce nefut qu'après cinq heures de voyage que laéronauto put ouvrir la soupape de laé-rostat et prendre terre.

Cinq années sécoulèrent pendant lesquelles Blanchard fit quelques ascensions,aujourdhui oubliées. Dans les premiers jours de février 1808, il fit au château duBoys, près de la Haye, sa soixantième ascension.

Depuis longtemps déjà Blanchard nétait plus « l'aéronaute des cours royalesd'Europe » : aussi était-ce avec joie qu'il avait accepté de faire devant Louis Bona-parte , roi de Hollande, une expérience aérostatique.

A trois heures de l'après-midi, Blanchard s'éleva dans une montgolfière; mais,au moment il venait dalimenter le feu, il fut foudroyé par une attaque d'a-poplexie.

Quelques minutes plus tard, la montgolfière retombait à terre, ensevelissant dansses plis le corps de laéronaute. Bientôt les spectateurs qui avaient assisté à las-cension arrivèrent et prodiguèrent à Blanchard les premiers soins. Quelques joursplus tard, il était ramené à Paris il mourut lannée suivante (7 mars 1809).

II

Blanchard mourut impopulaire et pauvre. Il vit la popularité aller àGarnerin etla fortune déserter son foyer pour faire place à la misère. La gène quil éprouvapendant quelques années fut si grande quil disait à sa femme : « Tu nauras aprèsmoi, ma chère amie, dautre ressource que de te noyer ou de te pendre. »

Blanchard se trompait.

Très-énergique et très-active, madame Blanchard ne se laissa pas abattre parl'adversité. Mariée très-jeune (1) à Blanchard, elle était familière avec les dangersque son mari avait courus et quil aimait à raconter. A vingt-six ans, elle accompa-gnait son mari dans plusieurs ascensions. Dès 1803, elle faisait seule, à Toulouse ,une ascension qui dura deux ou trois heures.

Après la mort de son mari, madame Blanchard fit son métier de ce qui jusqualorsnavait été qu'un jeu pour elle. Grâce au nom qu'elle portait et à son intrépidité,

(i) Marie-Madeleine-Sophie Armant naquit le 25 mars 1778 à Trois-Cantons, près de la Rochelle . Onraconte que sa mère étant grosse vit un voyageur qui lui promit dépouser lenfant dont elle devaitaccoucher, si cétait une tille. Ce voyageur était Hlanchard.