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HISTOIRE DES BALLONS
suspendue à un groupe de cinq aérostats. Une ancre fixée à l’extrémité d'une lon-gue corde maintint la flottille à la même hauteur pendant quelques heures. Lesjour-naux du temps prétendentque Blanchard fit, ce jour-là, un nouvel essai de direction.Quoiqu’il en soit, l’expérience ne donna aucun résultat; Lalande fit peu d’observa-tions et Blanchard ne découvrit certainement rien de nouveau, puisqu'il n'adressapas aux journaux la moindre lettre.
Quatre années plus tard, Blanchard faisait sa cinquante-cinquième ascension.Le temps était très-mauvais, la grêle tombait avec force, et, lorsque Blanchard at-teignit les hautes régions de l’atmosphère, les glaçons couvraient son ballon. Ce nefut qu'après cinq heures de voyage que l’aéronauto put ouvrir la soupape de l’aé-rostat et prendre terre.
Cinq années s’écoulèrent pendant lesquelles Blanchard fit quelques ascensions,aujourd’hui oubliées. Dans les premiers jours de février 1808, il fit au château duBoys, près de la Haye, sa soixantième ascension.
Depuis longtemps déjà Blanchard n’était plus « l'aéronaute des cours royalesd'Europe » : aussi était-ce avec joie qu'il avait accepté de faire devant Louis Bona-parte , roi de Hollande, une expérience aérostatique.
A trois heures de l'après-midi, Blanchard s'éleva dans une montgolfière; mais,au moment où il venait d’alimenter le feu, il fut foudroyé par une attaque d'a-poplexie.
Quelques minutes plus tard, la montgolfière retombait à terre, ensevelissant dansses plis le corps de l’aéronaute. Bientôt les spectateurs qui avaient assisté à l’as-cension arrivèrent et prodiguèrent à Blanchard les premiers soins. Quelques joursplus tard, il était ramené à Paris où il mourut l’année suivante (7 mars 1809).
II
Blanchard mourut impopulaire et pauvre. Il vit la popularité aller àGarnerin etla fortune déserter son foyer pour faire place à la misère. La gène qu’il éprouvapendant quelques années fut si grande qu’il disait à sa femme : « Tu n’auras aprèsmoi, ma chère amie, d’autre ressource que de te noyer ou de te pendre. »
Blanchard se trompait.
Très-énergique et très-active, madame Blanchard ne se laissa pas abattre parl'adversité. Mariée très-jeune (1) à Blanchard, elle était familière avec les dangersque son mari avait courus et qu’il aimait à raconter. A vingt-six ans, elle accompa-gnait son mari dans plusieurs ascensions. Dès 1803, elle faisait seule, à Toulouse ,une ascension qui dura deux ou trois heures.
Après la mort de son mari, madame Blanchard fit son métier de ce qui jusqu’alorsn’avait été qu'un jeu pour elle. Grâce au nom qu'elle portait et à son intrépidité,