HISTOIRE DES BALLONS
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reusement non. Le langage brutal, mais toujours mathématiquement véridique deschiffres le démontre trop éloquemment (1).
Cependant M. Nadar avait créé la Société de navigation aérienne par les appa-reils plus lourd que l'air, qui comptait parmi ses membres MM. Landur, Anved,Salives, Frion, de Lacv, Pline, Michel Loup (de Lyon ), About, Allou, Asselineau,Babinet, Barrai, Charles Bataille, Bixio , Louis Blanc , Brière de Boismont, Claye.Dentu, Maxime du Camp , Alexandre Dumas , Alexandre Dumas fils , Paul Féval .Emile de Girardin , Yves Guyot , Victor Hugo , Louis Jourdan, Méry, van Monc-kooven, prince Poniatowski, George Sand , Sardou, Sclioll, baron Taylor, Mandai,Jules Verne et bien d’autres qui avaient embrassé la cause nouvelle.
Cette société dont MM. Babinet et Barrai avaient accepté la présidence, dontMM. de La Landelle et Ponton d’Amécourt étaient vice-présidents, tint pendanttrois ans des séances hebdomadaires dans le vaste atelier photographique deM. Nadar.
On peut dire que de là est parti le grand mouvement qui entraîna vers la théoriede l’aviation la plupart de ceux qui se livraient à des études aéronautiques.
La société de l’aviation faisait appel aux inventeurs de tous les pays ; son seulbut était de constituer aux chercheurs un capital d’essais. Tel était aussi le but ques’était proposé M. Nadar en créant le Géant; et disons en passant que cette spécu-lation, tant raillée depuis, n’était point aussi mauvaise qu’il a plu à certains de l’affir-mer, puisque ses ascensions ou ses exhibitions, à Paris comme à Londres , à Am sterdam comme à Lyon , attirèrent des foules immenses. Ce qui de cette excellenteopération fit une déplorable entreprise, ce fut l’absence d’une direction ferme, ha-bile, d’ un impressario actif, habitué aux affaires et surtout honnête.
Mal secondé, M. Nadar,- loin de pouvoir constituer des rentes à l’aviation par lesspéculations entreprises, s’v ruina au contraire.
Bientôt son journal rAéronaute, dont il supportait seul les frais, dut suspendresa publication : la Société de navigation aérienne suspendit aussi ses séances,comme une loge maçonnique « frappée de sommeil ».
C’est alors que M. Hureau de Villeneuve vint demander à M. Nadar de lui céderle titre de l'Aéronaute : M. Nadar lui concéda sans hésiter le titre du journal qui
(1) « Quoique à tou# les points de vue accomplies dans des conditions mauvaises, les trois ascen-sions du Géant et quelques jours d'exhibition à Londres ont rapporté 101 000 francs, ainsi répartis :
P* ascension (Paris ). 3t> UUU
2- — — . 24 OUll
3 e — (Bruxelles). 20 000
Deux passagers payants sur 21 personnes (dans les trois
ascensions). 2 000
Total.101 000
« Les frais effectifs, directs et indirects, de l'entreprise s’élèvent à près de 200 000 francs. Ce chiffreconsidérable porte beaucoup moins encore sur le coût de la fabricatiou, où le taffetas entre seul pour60 000 francs, que sur les dépenses de roulement et frais divers : personnel, voyages, gaz. etc.
« Pour ne citer que deux articles, la fourniture du gaz au Champ-de-Mars et la canalisation ont coûté16 000 francs, et le chiffre total, certifié par pièces, des dépenses de notre séjour en Hanovre , pendantles huit jours après la catastrophe, se monte seul à 4 940 francs! » (Mémoire pour Félix Toumaehon(Nadar ) contre les frères Louis et Jutes Godard.)
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