HISTOIRE DES BALLONS
387
reparut aussitôt, et dont la publication n'a pas été interrompue depuis lors,M. Hureau, plus expérimenté sur ce point que M. Nadar, avant réussi finalementà ce que le journal se suffit à lui-même.
Suivant les errements de ses prédécesseurs, M. Hureau, en mémo temps queleur journal FAéronaute , reprit l’idée de leur société d’encouragement. Il ne semontra pas absolu et exclusif comme ses devanciers et accepta les cotisations detous ceux qui s’occupaient d'aérostation, quelque point de vue qu'ils eussent choisiet de quelque côté qu'ils dirigeassent leurs efforts. En même temps, il apportaitdans ses rapports avec la science officielle des ménagements dont M. Nadar n’avaitpas donné l’habitude aux Académies . Cette attitude prudente et habilementobservée a produit des résultats que l’élan, la générosité et le courage des premiersapôtres du plus lourd que l'air avaient été loin d’atteindre : l’Académie elle-même aadhéré au principe de l’aviation en la personne de plusieurs de ses membres, parmilesquels il n’est pas sans intérêt de citer le célèbre ingénieur de la marine impériale,M. Dupuv de Lôme.
Le mouvement en même temps se généralisait et partout se fondaient des sociétéscréées à l’exemple etavec les statuts de Paris : à Londres , le duc.d'Argyle, ministrede la marine et des colonies, le duc de Sutherland, lord Grosvenor et M. Glaisherfondaient une société qui a déjà prouvé sa force en organisant à Cristal-Palace-Sy-denham une exposition spéciale internationale ; à Lyon , une associatian dévouée aumême principe était fondée par un simple ouvrier, Michel Loup; il n’était pasjusqu’à l'Amérique qui ne voulût avoir ses sociétés d’aérostation ; il en existe uneà la Havane.
Cette propagande, nous ne devons pas l’oublier, ainsi que le font quelques mémoi-res volontairement courtes peut-être, fut l’œuvre des trois «anabaptistes de l’hélicop-tère», suivant la pittoresque expression de l'un d’eux. M. Nadar fut le principalagent de l’agitation immense créée en 1803 en faveur du plus lourd et nous cite-rons comme conclusion les derniers mots de la préface écrite par M. Babinet pourles Mémoires du Géant : « Il est bien établi que M. Xadar demande aux exhibitions desaérostats flottants l’argent nécessaire pour construire de vraies machines volantes avec desmouvements opérés suivant la volonté du voyageur aérien. En supposant même que lerésultat qu’il espère ne finisse pas par répondre « son infatigable persévérance, il lui res-tera dans l’histoire du vol humain le mérite, j'ose dire la gloire, d’avoir été celui par quila Providence de Bossuet a dit à la société : Marche.»