426
HISTOIRE DES BALLONS
de fer, les chemins de traverse, les marais, bois de pins, etc., furent tracés; on yporta aussi la disposition des troupes, batteries d’artillerie, infanterie et cavalerie.On en tira deux exemplaires. On les divisa en 64 parties, comme un champ de ba-taille, avec les signes conventionnels A., A*, etc. Le général Mac-Clellan eut un deces exemplaires, le conducteur de ballon eut l’autre.
« L’armée fut d’abord retenue dans le camp, par le mauvais temps, une journéetout entière; le l"juin, l’aérostat s’éleva, vers midi, à une hauteur de plus de millepieds (333 mètres) au-dessus du champ de bataille et se mit en relations avec lequartier général par un fil télégraphique. Pendant une heure, les mouvements del’ennemi furent signalés avec exactitude. Une demi-heure plus tard, la dépêcheporta : Sortie de In maison (’adei/s . Mac-Clellan put, en Un instant, donner ordre d'a-
le moindre praticien sait que, quelle que soit la rapidité des produits photochimiques qu’il emploie,cette rapidité s’accroît en raison de l'éloignement de son objectivité.
« Je me mets bien vite à faire gonfler des ballons. J’installe sur ma nacelle une tente d’étoffe orange,doublée de noir, appendue au cercle, et je monte et j’opère.
u Rien d'abord.
« D’autres essais sont également infructueux.
« Le très-grand, le seul obstucle réel peut-être à ma réussite consistait dans le matériel aérostatiquemême que j’étais forcé d'employer.
« Les ballons forains qui me servaient, faute de tout autre spécial, dont l’établissement coûteuxm'était interdit, ces ballons trop courts de base vomissaient, par leur appendice ouvert immédiatementsur mes cuvettes, des flots d’hydrogène sulfuré, et le dernier élève photographe sautera eu l'air en pen-sant au jol" ménage que mes iodures devaient faire avec ce diable de gaz. — Autant eût valu essayerd’allumer do la braise nu fond d’un seau d’eau.
« J’étais désespéré, et je ne léchais pas prise, pourtant.
« Une fois, après un dernier échec, je donnai, comme les fois précédentes, l’ordre de lécher tout.Comme le pAtissier qui mange son fonds faute de. pratiques, je m’offrais, après chaque essai photogra-phique manqué, le plaisir d’une ascension libre.
« Nous allémes tomber, une heure après, dans une vallée charmante et déserte qu’on appelle lavallée de la Bièvre, au Petit-Bicêtre, à deux ou trois lieues de Paris .
« 11 n’y avait pas de vent.
« Je pris une résolution.
« Ndus allons laisser le ballon sur place en fermant l’appendice. Il n'y a pas de danger, puisque leguz n’a pas à se dilater cette nuit, bien au contraire. Je remonterai demain matin à la première heure,avec des bains neufs apportés tout exprès, et nous verrons bien.
« Retour sur les lieux le lendemain matin : le temps est couvert, il tombe une pluie grise et gla-ciale. N’iiuporte! Le ballon s'élève d’un mètre et retombe. Le gaza perdu sa force pendant la nuit, eten outre le filet et les manoeuvres sont alourdis par la rosée et cette petite pluie fine si inopportune.
« Je ne veux pas désespérer. Je débarrasse la nacelle de tout ce que j’en puis retirer; je quitte en-suile ma redingote, puis mou gilet, puis mes bottes que je jette à terre ; je... comment dire cela? Dé-barrassé quanta l’extérieur, je me déleste encore de tout ce qui peut m'alourdir, — et je m’enlèveà 80 mètres environ!.
« J’avais emporté une plaque toute préparée. — J'ouvre et referme mon objectif, et je crie impatient.
« — Descendez !
« On me tire à terre, je saute d’un bond dans l’auberge où, tout palpitant, je développe mon image,
« Bonheur! Il y a quelque chose!
« J’insiste et force : l’image se révèle, bien effacée, bien pèle, mais nette et certaine. — Ce ne seraqu’un simple positif sur verre, très-faible, tout taché, mais qu’importe!
« J’avais eu raison! la photographie aérostatique était possible. »
Quelques mois plus tard, M. Nadar reprit ses expériences dans l’aérostat Michel-te-Brace, destiné à laville de Bucharest et construit à Paris par l’aérouaute français Yillemot.
Les services que pourrait rendre la photographie aérostatique sont immenses.
« Au point de vue des observations stratégiques comme pour tous les relevés planimétriques, oncomprend immédiatement quelles intéressantes ressources présenterait cette application.
« L’art militaire, qui tira un si bon parti dans les guerres de notre première République des aéro-