HISTOIRE DES BALLONS
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vancer au général Heinsselniann et prescrivit au général Sunmier, qui était déjà audelà de Chikahominy, de marcher tout de suite sur la petite rivière. Les deux divi-sions purent, en deux heures de temps, être réunies en face de l’ennemi et défendrele champ de bataille à la baïonnette. Partout où les assiégés hasardèrent une atta-que, ils furent repoussés avec une perte considérable, et furent attaqués par desforces supérieures sur les points les plus faibles. Ils dirigèrent contre le ballon uncanon rayé d'une énorme portée. Les projectiles firent explosion près du ballon,et si près, que les aéronautes jugèrent convenable de s’éloigner. Le ballon fut des-cendu à terre, lancé dans une autre direction et assez haut pour être hors de laportée des pièces ennemies. 11 fut mis de nouveau en communication avec la terreferme, et l’armée assiégeante eut avis que de fortes masses de troupes accouraientsur le champ de bataille dans une autre direction. Dès qu’elles furent arrivées à laportée du canon des fédéraux, elles se virent prévenues avec une rapidité qui dutleur paraître inconcevable. Il semblait que le Dieu des batailles les eût complète-ment abandonnées en ce jour. Elles se voyaient conduites en avant pour servir debut aux canons des Yankees . Elles ne pouvaient suivre aucune direction, sans ren-contrer un mur de baïonnettes impénétrable. Toutes les tentatives de l’armée duSud pour enfoncer les lignes ennemies ayant échoué, Mac-Clellan commanda uneattaque générale à la baïonnette et repoussa ses adversaires avec une perte énorme.Ce général n’eùt pu obtenir un succès aussi complet sans le secours du ballon etde l’appareil dont il était muni. »
stiers militaires de l'école de Meudon sous Coutelle et Conté, trouverait le plus précieux secours dansun art nouveau qui permettrait, à l’aide du mégascope, de relever à plusieurs kilomètres même la traced’une balle de fusil sur un mur.
« Quant aux autres résultats île la photographie aérostatique, lorsque si peu de pays, même euro péens , sont cadastrés, lorsque ceux qui le sont le sont d une façon déplorable, la France en tête, on sedemande comment on n’a pas poursuivi les tentatives nouvelles’ qui pouvaient peut-être résoudre laquestion.
« Avec la photographie aérostatique, eu elTet, disait le savant ingénieur Audrand, célèbre par ses« travaux sur l’air comprimé, plus de triangulation préalable, péniblement échafaudée sur un amas de« formules trigonométriques ; plus d'instruments douteux, planchettes, alidades, graphomètres ; plus« de chaînes à traîner, comme par des galériens, à travers les halliers, les vignes, les marais ; en« résumé, cinq cents photographies géodésiques, à mille hectares par jour, lèveraient le plan général de« la France en quatre-vingt journées de travail. »
« On s’est préoccupé ailleurs que chez nous de la photographie aérostatique. En Italie , il y a quelquevingt-cinq ans, le nouveau gouvernement de Victor-Emmanuel pensa à lui demander les éléments ducadastre. Le fameux opticien de Londres , M. Negretti, lit quelques tentatives pratiques. Mais, à notreconnaissance, M. Nadar est seul parvenu, après nombre de coûteux et pénibles essais, à pouvoir pré-senter un relevé partiel de Paris obtenu photographiquement par lui, dès 1866, de la nacelle d’unaérostat, bien que M. Niepce de Saint-Victor lui-mème lui eût prédit l'insuccès.
<c Pour éviter en effet les mouvements de tangage et roulis de l'aérostat en l'air, la première, laseule condition est que l’aérostat soit d'un tel cubage, que sa force ascensionnelle considérable luipermette de tirer droit sur le c’Sble qui lui sert de pédoncule. Restent encore les mouvements giratoi-res, mais il parait que M. Nadar a trouvé le moyen très-simple d’y parer, et la rapidité instantanéede son opération garantit, affirme-t-il énergiquement, le succès de ses relevés géodésiques, mais à la con-dition d’avoir sou matériel dans des conditions normales, ce qui ne saurait être en effet contesté. »