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VOYAGES AÉRIENS.
tions sonores. Tous les compliments que vous adressez à laplaine limpide vous sont renvoyés avec la plus rigoureuse sincé-rité , tandis que des cris beaucoup plus sonores restent sans échoau-dessus des prairies et des champs.
Ainsi, Eugène Godard ayant demandé à l’étang de Saint-Hu-bert : « Combien y a-t-il de planètes ? » celui - ci nous adressabientôt la même question, nous montrant ainsi qu’il avait parfai-tement entendu, mais qu’il ne connaissait probablement pas laréponse. Godard ne voulut pas rester en retard sur la politesse del’étang, et lui dit en deux fois : « Mercure, Vénus, la Terre , Mars;— Jupiter , Saturne , Uranus , Neptune . » Noms qui furent intégra-lement reproduits, le second surtout, avec une exquise douceur,probablement en souvenir de la naissance de Vénus. « Commentsont faits les habitants? » ajouta notre compagnon de voyage. Lelac avait déjà glissé sous notre vol et ne répondit plus.
De vastes étangs continuent à l’ouest de celui de Saint-Hubert.Nous traversons une partie de la forêt de Rambouillet, laissant laville à 4 kilomètres à notre gauche. A 7 h. 40 m., nous quittonsle département de Seine-et-Oise pour entrer dans l’Eure-et-Loir .Nous avons remarqué sur notre passage que les indigènes parais-sent moins intelligents ou moins bons qu’ailleurs.
A 8 b. 4 m. le soleil se couche. Nous l’admirons encore lorsqu’iln’existe plus pour la plaine. Sa forme circulaire s’est sensible-ment modifiée pour faire place à un disque aplati en haut et enbas par la réfraction atmosphérique.
Le cours sinueux d’un ruisseau nous empêche de descendreavant d’arriver à Villemeux. Déjà plusieurs centaines de personnesont acclamé l’arrivée du ballon. Une poignée de lest nous suffitpour passer par-dessus le village et pour descendre doucement del’autre côté, près des jardins qui bordent chaque habitation ducôté de la campagne. Il est 8 li. 7 ni. La ligne parcourue par l’aé-rostat est de 85 kilomètres ; nous sommes venus à peu près enligne droite de Paris , obliquant un peu à l’ouest à la dernière heure.
Mes observations les plus importantes de ce voyage devaientêtre celles de nuit : variation de l’humidité de l’air et de la tempé-rature, suivant les hauteurs pendant la nuit ; commencement del’aurere au solstice d’été et gradation de sa lumière; intensité dela lune, éclat des planètes, formation des brouillards avant l’ar-rivée du jour. Je devais repartir seul avec mon pilote; mais quelque soit le bonheur que lame éprouve à s’occuper des choses cé-lestes, le corps réclame néanmoins un entretien plus substantiel-