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Voyages aériens par James Glaisher, Camille Flammarion, Wilfrid de Fonvielle et Gaston Tissandier : ouvrage contenant 117 gravures ... d'après les croquis d'Albert Tissandier / par Eugène Cicéri et Adrian Marie ...
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VOYAGES AÉRIENS.

tions sonores. Tous les compliments que vous adressez à laplaine limpide vous sont renvoyés avec la plus rigoureuse sincé-rité , tandis que des cris beaucoup plus sonores restent sans échoau-dessus des prairies et des champs.

Ainsi, Eugène Godard ayant demandé à létang de Saint-Hu-bert : « Combien y a-t-il de planètes ? » celui - ci nous adressabientôt la même question, nous montrant ainsi quil avait parfai-tement entendu, mais quil ne connaissait probablement pas laréponse. Godard ne voulut pas rester en retard sur la politesse delétang, et lui dit en deux fois : « Mercure, Vénus, la Terre , Mars; Jupiter , Saturne , Uranus , Neptune . » Noms qui furent intégra-lement reproduits, le second surtout, avec une exquise douceur,probablement en souvenir de la naissance de Vénus. « Commentsont faits les habitants? » ajouta notre compagnon de voyage. Lelac avait déjà glissé sous notre vol et ne répondit plus.

De vastes étangs continuent à louest de celui de Saint-Hubert.Nous traversons une partie de la forêt de Rambouillet, laissant laville à 4 kilomètres à notre gauche. A 7 h. 40 m., nous quittonsle département de Seine-et-Oise pour entrer dans lEure-et-Loir .Nous avons remarqué sur notre passage que les indigènes parais-sent moins intelligents ou moins bons quailleurs.

A 8 b. 4 m. le soleil se couche. Nous ladmirons encore lorsquilnexiste plus pour la plaine. Sa forme circulaire sest sensible-ment modifiée pour faire place à un disque aplati en haut et enbas par la réfraction atmosphérique.

Le cours sinueux dun ruisseau nous empêche de descendreavant darriver à Villemeux. Déjà plusieurs centaines de personnesont acclamé larrivée du ballon. Une poignée de lest nous suffitpour passer par-dessus le village et pour descendre doucement delautre côté, près des jardins qui bordent chaque habitation ducôté de la campagne. Il est 8 li. 7 ni. La ligne parcourue par laé-rostat est de 85 kilomètres ; nous sommes venus à peu près enligne droite de Paris , obliquant un peu à louest à la dernière heure.

Mes observations les plus importantes de ce voyage devaientêtre celles de nuit : variation de lhumidité de lair et de la tempé-rature, suivant les hauteurs pendant la nuit ; commencement delaurere au solstice dété et gradation de sa lumière; intensité dela lune, éclat des planètes, formation des brouillards avant lar-rivée du jour. Je devais repartir seul avec mon pilote; mais quelque soit le bonheur que lame éprouve à soccuper des choses cé-lestes, le corps réclame néanmoins un entretien plus substantiel-