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Voyages aériens par James Glaisher, Camille Flammarion, Wilfrid de Fonvielle et Gaston Tissandier : ouvrage contenant 117 gravures ... d'après les croquis d'Albert Tissandier / par Eugène Cicéri et Adrian Marie ...
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ASCENSION NOCTURNE.

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Lfens sana in corpore sano, cest-à-dire : allons souper à Dreux avant de remonter-haut. Dreux nest quà 10 kilomètres, et déjànous avions aperçu le monument funéraire de la famille dOrléans.

Les habitants de Villemeux comprirent nos intentions et nousamenèrent dabord par la Grande-Rue jusquà la place de la ville.Les rues sont éclairées par quelques réverbères, et les fils, hori-zontalement tendus à travers la voie, rendaient difficile la transla-hon de laérostat. Grâce à la combinaison du mouvement des deuxcordes par lesquelles on nous remorquait, nous fûmes portés à1 extrémité de la rue, et en deux heures et demie nous arrivâmesa la ville de Dreux . Ceux qui nous avaient conduits se croyaientfatigués, mais je leur démontrai par lalgèbre et le principe dAr­ chimède quils ne devaient pas lêtre, puisque laérostat nest pasplus lourd que lair. Je nassurerais pas quils aient été absolu-ment convaincus par mon raisonnement. Deux heures et demiede promenade en ballon captif, cest une situation des plus agréa-bles à lentrée de la nuit, au lever de la lune et des étoiles. Quel-que jour sans doute, au lieu de traverser le désert à dos de cha-meau bossu, on fera choix de ce mode si suave de locomotion, etles dromadaires remorqueront laérostat du chef de la caravane.Lorsque nous arrivâmes à Dreux vers dix heures et demie, aprèsavoir traversé un élégant petit bois, nous ne pûmes entrer en villea cause des fils du télégraphe. Cest pourquoi nous établîmes ànos remorqueurs un bivouac à lentrée de la ville, pendant quenous fûmes souper à lhôtel du Paradis.

II

La lumière argentée de la lune descendait du haut des cieuxcomme une rosée divine ; dans la paix du ciel limpide étincelaientles étoiles pâlissantes; et la terre sommeillait dans un profondneve, comme un être vivant qui se repose dun travail et reprenden silence ses forces dispersées.

Tout dormait dans les vastes plaines. Les petits êtres ailés quijasent dans les bois, les oiseaux et les insectes avaient cessé leurharmonieux bruissement. Le vent lui-même ne soupirait plus dansles arbres. Le moindre souffle dair ne caressait pas la surface dela terre.

J avais laissé aux portes de la ville lesquif aérien plus légerfiue lair, et notre nacelle avait été chargée de pierres, de crainte