ASCENSION NOCTURNE.
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Lfens sana in corpore sano, c’est-à-dire : allons souper à Dreux avant de remonter là-haut. Dreux n’est qu’à 10 kilomètres, et déjànous avions aperçu le monument funéraire de la famille d’Orléans.
Les habitants de Villemeux comprirent nos intentions et nousamenèrent d’abord par la Grande-Rue jusqu’à la place de la ville.Les rues sont éclairées par quelques réverbères, et les fils, hori-zontalement tendus à travers la voie, rendaient difficile la transla-hon de l’aérostat. Grâce à la combinaison du mouvement des deuxcordes par lesquelles on nous remorquait, nous fûmes portés à1 extrémité de la rue, et en deux heures et demie nous arrivâmesa la ville de Dreux . Ceux qui nous avaient conduits se croyaientfatigués, mais je leur démontrai par l’algèbre et le principe d’Ar chimède qu’ils ne devaient pas l’être, puisque l’aérostat n’est pasplus lourd que l’air. Je n’assurerais pas qu’ils aient été absolu-ment convaincus par mon raisonnement. Deux heures et demiede promenade en ballon captif, c’est une situation des plus agréa-bles à l’entrée de la nuit, au lever de la lune et des étoiles. Quel-que jour sans doute, au lieu de traverser le désert à dos de cha-meau bossu, on fera choix de ce mode si suave de locomotion, etles dromadaires remorqueront l’aérostat du chef de la caravane.Lorsque nous arrivâmes à Dreux vers dix heures et demie, aprèsavoir traversé un élégant petit bois, nous ne pûmes entrer en villea cause des fils du télégraphe. C’est pourquoi nous établîmes ànos remorqueurs un bivouac à l’entrée de la ville, pendant quenous fûmes souper à l’hôtel du Paradis.
II
La lumière argentée de la lune descendait du haut des cieuxcomme une rosée divine ; dans la paix du ciel limpide étincelaientles étoiles pâlissantes; et la terre sommeillait dans un profondneve, comme un être vivant qui se repose d’un travail et reprenden silence ses forces dispersées.
Tout dormait dans les vastes plaines. Les petits êtres ailés quijasent dans les bois, les oiseaux et les insectes avaient cessé leurharmonieux bruissement. Le vent lui-même ne soupirait plus dansles arbres. Le moindre souffle d’air ne caressait pas la surface dela terre.
J avais laissé aux portes de la ville l’esquif aérien plus légerfiue l’air, et notre nacelle avait été chargée de pierres, de crainte